Un hiver doux et pluvieux suivi d'un été sec et chaud, voire trop chaud : c'est la recette qui pousse les vignerons de l'Hérault à bouleverser le calendrier des vendanges. Selon Jérôme Despey, viticulteur et président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault, les premières grappes de raisin pourraient être récoltées dès le début du mois d'août sur le littoral héraultais.
Une précocité historique
Interrogé par Midi Libre, Jérôme Despey indique : « L'an dernier, j'ai commencé à vendanger ma première parcelle le 12 août. Cette année, ce sera encore plus tôt… Sur certains secteurs, notamment sur le littoral héraultais, les premières grappes devraient être récoltées dès le début du mois d'août. » Il rappelle qu'il y a une quarantaine d'années, les vendanges se déroulaient aux alentours du 10 septembre. Cette précocité s'explique par l'enchaînement d'une sécheresse et de plusieurs épisodes de canicule. « Dans certains vignobles, les sols se sont fortement asséchés et, par endroits, les raisins ont été brûlés par le soleil », ajoute-t-il. La canicule a également bloqué le cycle de maturation de la vigne, ce qui retarde légèrement les vendanges par rapport à d'autres bassins viticoles français.
Conséquences et demandes aux pouvoirs publics
Jérôme Despey, qui cumule les fonctions de président de la CENECA, secrétaire général de la FNSEA et président de la chambre d'agriculture de l'Hérault, estime qu'il est encore trop tôt pour chiffrer précisément les pertes dans son exploitation. Cependant, si elles s'avèrent importantes, les vignerons héraultais solliciteront l'État. « Nous demanderons à la préfète Madame Mauchet plusieurs choses, dont un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti afin d'alléger les charges des exploitations », déclare-t-il. Ils souhaitent également la mise en place d'un fonds d'urgence pour soutenir une filière viticole qui traverse déjà une crise économique depuis plusieurs années. Parmi les cépages les plus précoces figurent le Pinot et le Muscat.



