Face au changement climatique et au dépérissement du sapin pectiné, une première association syndicale libre (ASL) de propriétaires forestiers va voir le jour cet été dans les Alpes-Maritimes, au-dessus de Grasse, sur les communes d'Andon et Caille. Plus de 180 propriétaires sont concernés par ce projet porté par le Centre national de la propriété forestière (CNPF) Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Une réponse coordonnée au dépérissement du sapin pectiné
L'équipe régionale du CNPF s'est réunie à Andon sous la direction de Marie Gautier, responsable développement forestier territorial Alpes-Maritimes et Var. Le CNPF est l'équivalent de l'ONF pour la forêt privée. Si les propriétaires de plus de 20 hectares sont tenus d'établir un plan simple de gestion (PSG), les autres n'ont pas cette obligation. Or, ces zones forestières diffuses subissent aussi les mutations liées au changement climatique, notamment le dépérissement du sapin pectiné présent dans les vallées du haut pays grassois.
L'ASL permettra une connaissance plus fine des problématiques forestières du massif, traduite dans un PSG qui planifiera des éclaircies et des plantations d'essences mieux adaptées au climat actuel et futur, sous forme de trouées. Selon Marie Gautier, "c'est une réponse cohérente et coordonnée aux propriétaires privés locaux".
Une première dans le département
Ce sera une première dans les Alpes-Maritimes. L'ASL devrait voir le jour courant été 2026. L'adhésion est modeste, entre 10 et 15 euros, et toutes les actions (diagnostic, plan, coupe, reboisement) sont financées à 100 %. Les 184 propriétaires concernés sont invités à adhérer (contact : 06.75.69.63.50). L'ASL choisira le gestionnaire chargé de la rédaction d'un plan de gestion, qui devrait être validé en 2027, avec des premières actions de terrain en 2028.
Des essences mieux adaptées pour l'avenir
Les essences qui pourront être introduites pour suppléer progressivement le sapin pectiné incluent des sapins méditerranéens, le chêne chevelu et le cormier. Le hêtre, le chêne pubescent et le pin sylvestre, lorsqu'ils sont présents naturellement, seront également favorisés. Cette initiative contribue à maintenir les Alpes-Maritimes dans le top 5 national des départements les plus riches en biodiversité, avec plus de 60 % de la surface départementale boisée, soit environ 270 000 hectares.



