Sécheresse en Aveyron : la production de truffes menacée
Sécheresse en Aveyron : la production de truffes menacée

Les trufficulteurs de l'Aveyron s'attendent à une récolte de truffes noires fortement réduite, voire inexistante, en raison de la sécheresse et des températures élevées qui sévissent depuis juin. Malgré les efforts d'irrigation, la chaleur freine le développement des truffes, et il faudra attendre décembre pour mesurer l'ampleur des dégâts.

Un été critique pour la truffe noire

Pour la truffe noire, l'été est une période déterminante : elle a besoin d'eau pour poursuivre sa croissance. Or, le déficit de précipitations et les fortes chaleurs depuis juin contraignent les producteurs à compenser par l'arrosage. Mais depuis peu, même l'irrigation ne suffit plus à contrer les effets de la chaleur.

La préfecture de l'Aveyron a publié le 22 juillet un arrêté limitant les prélèvements d'eau dans les milieux naturels, avec des restrictions allant de la vigilance à la crise selon les bassins versants. À Peyre, Mathieu Rivière, président de l'association des trufficulteurs de l'Aveyron, doit adapter ses pratiques : l'arrosage lui est interdit entre 8 h et 20 h. "Je suis obligé de m'adapter à l'arrêté. Mais c'est plus la température que le manque d'eau qui pèse sur la culture", explique-t-il.

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Des températures qui freinent le développement

Mathieu Rivière utilise des sondes pour mesurer l'humidité et la température du sol afin de déterminer les besoins en eau de sa truffière. "Même avec l'arrosage, on diminue seulement d'un ou deux degrés la température du sol. Donc on s'attend à une grosse baisse, voire à ne rien récolter", confie-t-il.

Face à des étés de plus en plus chauds et secs, l'adaptation devient cruciale. Chacun expérimente ses propres solutions, avec l'espoir de partager les techniques efficaces. "Un de nos adhérents a couvert toute la zone autour de l'arbre avec une bâche blanche. Il arrive à gagner 6 à 7 degrés sous terre", précise Mathieu Rivière.

Des répercussions encore difficiles à prévoir

Il est difficile de mesurer précisément l'impact de cet été sur la prochaine récolte. "On ne peut pas prévoir les répercussions. Elles peuvent être différentes pour chacun, mais tous les trufficulteurs du pays subissent la météo. Ils annoncent encore des semaines très chaudes, sans pluie. Ça ralentit forcément la culture", souligne l'équipe de Terroir Gourmand et du site internet Truffefrance, société fondée à Millau en 1997 par Daniel Odier. Elle se veut toutefois plus optimiste sur l'ampleur de la baisse : "Mais je ne pense pas que la récolte sera divisée par deux."

Une récolte attendue en décembre

Les producteurs devront patienter jusqu'au début de la saison de récolte, à partir de décembre, pour connaître l'ampleur réelle des dégâts. Cette période est stratégique, car la truffe noire est recherchée pour les fêtes de fin d'année. Une production en baisse pourrait peser sur les prix. "Les clients en demandent chaque année, mais moins il y en a, plus le prix augmente. Et que ce soit les particuliers ou les restaurateurs, certains n'en voudront tout simplement pas", se désole Mathieu Rivière.

Les prochains mois seront déterminants. Des conditions plus clémentes en septembre et octobre pourraient encore être favorables au développement des truffes. D'ici décembre, le "diamant noir" reste suspendu aux caprices de la météo.

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