Le Royaume-Uni a autorisé le comprimé oral d'Eli Lilly contre l'obésité, une première en Europe. Cette décision, annoncée mardi 11 août, pourrait marquer un tournant dans la prise en charge de cette maladie chronique en facilitant l'accès au traitement.
Une autorisation historique pour l'orforglipron
Le comprimé, dont le nom commercial n'a pas encore été précisé, contient de l'orforglipron, une molécule développée par Eli Lilly. Il s'agit du premier médicament anti-obésité sous forme orale à obtenir une autorisation de mise sur le marché au Royaume-Uni, et plus largement en Europe. Selon l'Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA), cette autorisation repose sur des essais cliniques ayant montré une perte de poids moyenne de 15 % chez les patients traités pendant 36 semaines.
Le laboratoire américain avait déjà commercialisé des traitements injectables comme le Mounjaro, mais cette nouvelle forme orale pourrait répondre à un besoin important. En effet, de nombreux patients préfèrent un comprimé à une injection, ce qui pourrait améliorer l'observance du traitement.
Un accès élargi au traitement
Cette autorisation intervient dans un contexte de forte demande pour les médicaments anti-obésité. Au Royaume-Uni, près de 28 % des adultes sont obèses, selon les données officielles. Le comprimé d'Eli Lilly sera disponible sur prescription, dans le cadre d'un programme de gestion du poids comprenant un régime alimentaire et de l'exercice physique.
Selon la MHRA, cette décision pourrait également ouvrir la voie à d'autres autorisations en Europe. L'Agence européenne des médicaments (EMA) évalue actuellement ce même médicament, et une décision est attendue dans les prochains mois. Si elle est positive, cela pourrait élargir l'accès à ce traitement pour des millions de patients européens.
Des implications économiques et de santé publique
Cette autorisation a des implications économiques majeures. Eli Lilly, qui a vu ses ventes de Mounjaro dépasser les 10 milliards de dollars en 2024, pourrait voir ce nouveau comprimé renforcer sa position sur le marché. Selon les analystes, le marché mondial des médicaments anti-obésité pourrait atteindre 100 milliards de dollars d'ici 2030.
Sur le plan de la santé publique, les experts estiment que cette forme orale pourrait réduire les inégalités d'accès aux soins. En effet, les injections nécessitent souvent une formation du patient ou une aide médicale, ce qui peut être un frein pour certains. Le comprimé, plus simple à administrer, pourrait donc toucher une population plus large.
Le Royaume-Uni devient ainsi un pionnier en Europe dans l'utilisation de cette nouvelle génération de traitements anti-obésité. Les autorités sanitaires britanniques espèrent que cela contribuera à réduire le fardeau de l'obésité sur le système de santé, qui coûte plusieurs milliards de livres par an.



