Le restaurant Le Montagnard, situé à la station L’Audibergue d’Andon, dans le haut pays de Grasse, ferme définitivement ses portes ce lundi 28 septembre, après dix ans d’activité. Nicolas et Hélène Blanchemanche, à la tête de l’établissement, ont décidé de prendre leur retraite et de rejoindre Montpellier, laissant derrière eux une clientèle fidèle et une réputation bien établie.
Une décennie de succès et de fidélité
En dix ans, le couple a transformé un ancien snack saisonnier, le Chez Charly, en un véritable restaurant ouvert à l’année. Leur cuisine, goûteuse et authentique, a conquis les palais, des randonneurs aux motards, en passant par les groupes de voitures anciennes et la clientèle locale. Les plats signatures comme l’entrecôte, la bavette, ou encore le steak montagnard de sa création (bœuf, lard, épices échalote, avec une coulée de fromage raclette) ont fait leur succès, accompagnés de frites ou de ratatouille maison.
« Ce n’est pas de la haute gastronomie, mais c’est ma grand-mère Renée qui m’a tout appris ! », confie Nicolas Blanchemanche, formé comme boucher et fier de proposer de belles viandes du Larzac. « J’ai toujours veillé à la qualité des produits, avec beaucoup de rigueur, et lorsque j’entends des clients me dire, des tartares comme ça, on n’en mange plus ailleurs, c’est ma récompense… », ajoute-t-il.
Une retraite bien méritée
La décision de fermer n’a pas été facile. « Ça fait déjà deux ans que j’ai tous mes trimestres, et après le décès de nos mamans respectives, il est temps que l’on s’occupe de nos papas vieillissants », explique Nicolas. Son épouse Hélène, qui gérait la comptabilité, évoque avec émotion leur vie en altitude : « Le retour à la civilisation ne va pas être facile, car ici, on était en phase avec la nature. Regarder la mer au loin avec les pieds dans la neige, c’était quand même magique ! »
Leur départ marque un nouveau tournant pour la petite station de sports d’hiver, après la fermeture l’an dernier du Christiana tenu par Huguette. Les Blanchemanche n’ont pas encore trouvé de repreneur, ni pour les murs, ni pour le fonds de commerce. « Ça me donne un petit pincement au cœur, car j’aurais bien aimé former quelqu’un, même si chaque chef apporte sa touche », souffle Nicolas, restaurateur de la troisième génération.
Des adieux chargés d’émotion
Ce lundi 28 septembre, pour les derniers services, midi et soir, l’émotion sera au rendez-vous. « Je ne ferai pas de discours, mais je vais sans doute verser ma larme », confesse Nicolas Blanchemanche. Cette fermeture met fin à une belle aventure, mais les souvenirs resteront : les 70 couverts aux plus beaux jours du printemps ou de l’été, la queue sur le parking pendant la crise Covid en 2020, ou encore les déclinaisons de tiramisu au fil des saisons.
Les Blanchemanche quittent Andon avec le sentiment du devoir accompli, laissant derrière eux une adresse qui comptait dans la région, et des clients qui, sans doute, se souviendront longtemps de leurs assiettes.