Le gouvernement italien, dirigé par Giorgia Meloni, a adopté un décret instaurant un quota maximal de 30 % d'élèves étrangers par classe, de la primaire au lycée, à partir de septembre 2027. Annoncée le 20 septembre à Rome, cette mesure vise les élèves qui n'ont pas la nationalité italienne et qui ne sont pas nés en Italie, ou qui y ont été scolarisés moins de deux ans. Le texte, rapporté par Ouest France, suscite de vives critiques de la part du syndicat CGIL et de l'opposition.
Un décret pour éviter que les enfants italiens deviennent minoritaires
« Il est inconcevable que dans une classe italienne, des enfants italiens se sentent à l'écart parce qu'ils sont devenus minoritaires. C'est inacceptable ! » a déclaré Giorgia Meloni lors de son annonce le 20 septembre à Rome. Quatre jours plus tard, son gouvernement a officiellement adopté le décret fixant cette limite à 30 % d'élèves étrangers par classe. Ce dispositif concerne les élèves non italiens qui ne sont pas nés en Italie ou qui y ont été scolarisés moins de deux ans.
Au-delà du seuil de 30 %, certains élèves pourront être réorientés vers un autre établissement, selon un « principe de proximité ». Si le quota ne peut pas être appliqué, des cours d'italien pourront être organisés en dehors des heures de classe. Cette mesure vise à garantir que les enfants italiens ne se sentent pas marginalisés dans leur propre classe.
Le syndicat CGIL juge le texte « dangereux »
Monica Fontana, représentante du syndicat CGIL, a exprimé son scepticisme face à cette mesure. « Avec toutes les dérogations prévues, ce sera beaucoup de bruit pour rien », estime-t-elle. La syndicaliste juge néanmoins le texte « dangereux » car il « introduit un principe d'exclusion ». Elle estime surtout que le gouvernement ne s'attaque pas aux « vrais » problèmes de l'école, comme la précarité des enseignants ou l'état des bâtiments.
Le syndicat CGIL dénonce ainsi une mesure qui, selon lui, ne résout pas les difficultés structurelles du système éducatif italien. La précarité des enseignants et la vétusté des bâtiments scolaires restent des problèmes majeurs, que ce décret ne traite pas.
L'opposition parle de « propagande »
L'opposition italienne a vivement réagi à ce décret, le qualifiant de « honteux » et de « propagande ». Les opposants accusent l'exécutif de vouloir surenchérir face à l'ascension de l'ultranationaliste Roberto Vannacci. Cette mesure est perçue comme une tentative de séduire l'électorat nationaliste, alors que les sondages montrent une montée de l'extrême droite en Italie.
Le décret, qui entrera en vigueur en septembre 2027, laisse toutefois une marge de manœuvre aux établissements scolaires. Les dérogations prévues pourraient atténuer son impact réel, selon les critiques. Le gouvernement, lui, défend une mesure visant à préserver l'équilibre des classes et à favoriser l'intégration des élèves étrangers.