Salagou : un réseau d'irrigation moderne pour les vignobles de Liausson
Salagou : irrigation modernisée à Liausson

Un nouveau réseau collectif d'irrigation est entré en service à Liausson, au bord du lac du Salagou. Ce système en goutte-à-goutte, porté par les viticulteurs de l'ASA Ex Nihilo, permet d'irriguer 96 hectares de vignobles et de soutenir huit exploitations agricoles. Le projet, d'un montant total de 1,017 million d'euros, a été instruit par la Région, avec le soutien de l'Europe, de l'État et du Département.

Un projet au service des agriculteurs et du paysage

Le système remplace les anciens pompages individuels par une station de pompage, un générateur et une station de filtration mobiles. L'eau est prélevée dans le lac du Salagou, après les lâchers d'été destinés à soutenir les milieux aquatiques en aval et les cultures de la Vallée. Selon Christian Arboux, président de l'ASA, sur les 86 400 m³ d'eau alloués, seuls environ 57 000 m³ sont utilisés chaque année. « On n'allume les pompes que s'il est nécessaire d'irriguer. En cas d'orage par exemple, on attend… », explique-t-il.

Le nouveau dispositif collectif améliore la qualité visuelle du site et réduit les nuisances sonores, comme le souligne le viticulteur. La dimension paysagère a été un enjeu central du dossier, avec une intégration soignée grâce à un travail avec les services de l'État, précise Marie Passieux, conseillère départementale.

Le plus petit dossier d'Occitanie, un exemple emblématique

Sébastien Vaissade, membre de l'ASA, souligne que ce projet est « le plus petit d'Occitanie » par son ampleur, mais qu'il est installé dans un grand site, au cœur du Géoparc. « La spécificité de ce dossier, c'est que c'est le plus petit d'Occitanie et qu'il est installé dans un grand site, au Cœur du Geoparc », ajoute-t-il. Myriam Gairaud, conseillère régionale, insiste sur le rôle des agriculteurs dans le façonnement des paysages.

La gestion environnementale est également au cœur du projet. Deux troupeaux pâturent l'hiver pour limiter l'érosion. Sur les huit exploitations soutenues, cinq sont en agriculture biologique, et les autres sont certifiées, ce qui signifie qu'elles n'utilisent plus de produits cancérigènes neurotoxiques, essentiel pour la protection de la ressource, conclut Sébastien Vaissade.

Des chiffres clés sur la ressource et le financement

Le lac du Salagou contient environ 102 millions de m³ d'eau, dont 3,5 millions sont alloués à l'irrigation pour plusieurs ASA. L'évaporation représente environ 9 millions de m³. Les volumes alloués à l'ASA de Liausson correspondent à une épaisseur d'eau de 9 mm sur le lac.

Le financement total de 1,017 million d'euros se décompose ainsi : Europe Feader (381 024 €), État (223 776 €), Conseil Départemental (208 645 €) et financements directs des propriétaires (203 361 €). Ce projet illustre les enjeux essentiels pour l'agriculture : produire tout en préservant la ressource et les paysages.