Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, jeudi, le déblocage d'une enveloppe comprise « entre 500 et 700 M€ » pour le plan de relance agricole, prévu pour 2027. Cette somme vise à répondre notamment aux conséquences du dérèglement climatique. La FNSEA, par la voix de son président Arnaud Rousseau, a immédiatement réagi en soulignant la nécessité d'un budget concret.
Une enveloppe annoncée, un budget attendu
« Le plan de relance annoncé par le Premier ministre est quasiment finalisé dans son périmètre, y compris financier » et « sera présenté sous forme d'amendements du gouvernement » au projet de budget pour 2027, a précisé la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Cette enveloppe vient compléter les aides d'urgence annoncées début septembre, à hauteur de 1,2 Md€, destinées à faire face à la canicule et à la hausse des prix des carburants.
« L'idée d'essayer de projeter l'agriculture et de construire un avenir va dans le bon sens, réagit Arnaud Rousseau, mais j'ai besoin de savoir de quoi on parle, je suis incapable à ce stade de dire ce qu'il y a dans ce plan. » Le président de la FNSEA a également insisté sur l'urgence budgétaire : « Nombre d'agriculteurs ne savent pas s'ils seront encore là en 2027. Pour sortir l'agriculture de la situation dans laquelle elle est, nous avons besoin d'un budget. »
Une annonce à la veille d'une journée de contestation
Cette annonce intervient à moins de 48 heures de la journée de contestation prévue le 17 octobre. Interrogé sur la capacité de ce plan à désamorcer la colère des agriculteurs, Arnaud Rousseau a répondu sans ambiguïté : « La réponse est évidemment non. » Le patron du premier syndicat agricole français a toutefois précisé qu'il ne participerait pas, ce samedi, aux actions des lycéens et des « gilets jaunes ».
« Je ne dis pas que, ponctuellement, vous ne verrez pas quelques tracteurs, indique-t-il, mais nous, on n'appelle pas à se mobiliser samedi pour une raison assez simple. C'est que c'est la pleine période de boulot, les agriculteurs sont en train de récolter le peu de maïs qu'on a eu cet été, de semer du blé, d'arracher les betteraves, de bosser comme tous les mois d'octobre partout en France, et évidemment, la priorité, après cet été particulièrement difficile, c'est d'essayer de préparer l'année prochaine. »
Des revendications claires et un calendrier parlementaire
La FNSEA maintient la pression sur l'exécutif et le Parlement. Le montant du plan esquissé jeudi dépendra des « concertations » territoriales et des « discussions parlementaires », a précisé Sébastien Lecornu, renvoyant implicitement la responsabilité sur les députés. Arnaud Rousseau a souligné que la mobilisation se fera « sur des revendications claires, qui ne sont pas celles des lycéens ou d'autres corporations », et que la pratique d'action du syndicat repose sur « la volonté de ne pas créer d'atteinte aux biens et aux personnes ».
Alors que le projet de loi de finances 2027 s'annonce incertain, un autre front s'ouvre pour les syndicats agricoles à Bruxelles : la défense des aides de la Politique agricole commune dans le cadre du budget européen. Les agriculteurs attendent désormais des actes concrets, et la FNSEA prévient que la pression ne retombera pas tant que les agriculteurs n'auront pas de visibilité sur leur avenir.