Annie Genevard au Cap-d'Agde : la France défendra le paiement de base et l'ICHN
Genevard au Cap-d'Agde : défense du paiement de base et de l'ICHN

La ministre de l'agriculture, Annie Genevard, a clôturé le congrès national de la Fédération nationale ovine (FNO) au Cap-d'Agde, ce mercredi 30 septembre, en affirmant que la France défendra le paiement de base, les aides couplées, les soutiens à l'investissement et l'ICHN dans le cadre de la future PAC.

Une présence ministérielle remarquée

Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, s'est rendue au Palais des congrès du Cap-d'Agde pour assister au congrès annuel de la FNO, qui s'est tenu pendant deux jours. Le matin, elle avait visité la cave coopérative de Frontignan et participé à une table ronde sur les enjeux agricoles dans l'Hérault. La veille, elle avait assisté au dîner de gala des éleveurs.

Ce mercredi, la ministre a écouté les discours de clôture de Jocelyn Dubost, président national des Jeunes agriculteurs, d'Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et de Michèle Boudoin, présidente de la FNO, qui a laissé sa place à Patrick Saury à l'issue du congrès.

Les combats à affronter

Dans son discours de clôture, Annie Genevard a salué l'engagement de Michèle Boudoin avant de mettre en exergue les combats « qui sont devant nous », à commencer par la souveraineté alimentaire. Elle a rappelé que « seuls 40 % de la viande ovine consommée dans notre pays est aujourd'hui produite en France ». « Plus de la moitié de notre consommation dépend encore des importations. Je refuse de considérer cette situation comme une fatalité. Devant la filière ovine française, il y a un marché à reconquérir », a-t-elle déclaré.

La ministre a également évoqué les marges de progrès à réaliser : produire davantage, valoriser mieux les productions, notamment les agneaux laitiers. « Notre souveraineté suppose d'abord de préserver notre potentiel de production et ceux qui le font vivre », a-t-elle ajouté, en rappelant la canicule des derniers mois qui « laisse des traces ». « Et nous savons que les conséquences se feront encore sentir au printemps, avec moins d'agneaux disponibles à Pâques. »

Le plan d'urgence CASI et la future PAC

« S'adapter, investir, tenir lorsqu'une année est mauvaise, tout cela suppose, avant toute chose, de pouvoir vivre correctement de son métier », a insisté la ministre. Elle a rappelé le lancement du plan d'urgence CASI, annoncé le 4 septembre dernier, qui comprend 14 mesures visant deux objectifs principaux : soutenir et redémarrer la production agricole pour éviter une perte de souveraineté. « Auquel succédera un plan de relance de la production », a-t-elle précisé, sans éluder la question de l'abreuvement et du fourrage.

Concernant la future Politique agricole commune (PAC), thème central du congrès, Annie Genevard a été claire : « Pour la France, la ligne est claire : nous défendrons le paiement de base, les aides couplées, les soutiens à l'investissement et l'ICHN (*) ». Les applaudissements fournis à la fin de son discours ont semblé indiquer la satisfaction des éleveurs quant à la position de la ministre et de la France face à l'Europe.

Un courrier remis à la ministre

Ce 30 septembre, Gwendoline Chaudoir, présidente de l'Agglo Hérault Méditerranée, a rencontré la ministre et lui a remis un courrier au nom des élus communautaires, faisant part des difficultés rencontrées par les professionnels des filières agricoles, viticoles et de la pêche sur son territoire. Le courrier présente diverses problématiques : les friches, le droit de préemption de la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural, les parcelles vacantes et sans maître, le dérèglement climatique, les contraintes réglementaires, la question de l'eau.

« Ces filières traversent aujourd'hui une période de fortes incertitudes. C'est pourquoi les élus communautaires ont souhaité porter directement à votre connaissance les principaux points de blocage que nous constatons sur le terrain », peut-on lire dans le courrier. Concernant les friches, il indique : « Les crises viticoles successives et les campagnes d'arrachages ont multiplié les friches agricoles. Ces parcelles abandonnées représentent une perte de potentiel productif, aggravent le risque incendie, favorisent la cabanisation et dégradent nos paysages. Pourtant, leur remise en culture se heurte à un morcellement foncier extrême, à des propriétaires difficiles à identifier et à mobiliser, ainsi qu'à des procédures longues et coûteuses telle que la mise en valeur des terres incultes. Aussi, souhaitons-nous que l'État simplifie ces outils, les finance davantage et soutienne les collectivités qui s'engagent dans des stratégies foncières volontaristes. »

(*) L'indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) est une aide qui soutient les agriculteurs installés dans des territoires où les conditions de production sont plus difficiles qu'ailleurs, du fait de contraintes naturelles ou spécifiques.