Enquête sur l'Observatoire du déclin agricole, pro-pesticides, anti-normes… et parrainé par Duplomb
Dans un contexte de colère agricole persistante, le Sénat a hébergé début février les « Assises de la lutte contre le déclin agricole » en présence de Gérard Larcher, président du Sénat, et de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Cet événement a servi de tribune au sénateur Les Républicains Laurent Duplomb pour promouvoir sa nouvelle proposition de loi, relançant les débats sur les pesticides et les normes environnementales.
Un colloque controversé au cœur du palais du Luxembourg
Lorsque son collègue écologiste Daniel Salmon l'a interrogé sur ce colloque organisé le 2 février 2026, Laurent Duplomb n'a pas hésité à répondre avec fermeté : « Pourquoi je t’inviterais ? Tu ne crois pas au déclin agricole ! ». Ce sénateur, connu pour sa défense de la réintroduction de l'acétamipride, un pesticide controversé, a ainsi clairement positionné ces assises comme un espace de promotion d'une vision agricole spécifique.
Ces assises, bien qu'hébergées dans une salle du palais du Luxembourg, ont été financées par un lobbyiste, soulevant des questions sur l'indépendance de l'événement. L'objectif affiché était de défendre une agriculture pro-pesticides et anti-normes, en opposition directe avec les positions écologistes portées par des parlementaires comme Daniel Salmon.
Une liste d'intervenants orientée
La composition des intervenants illustre cette orientation idéologique. Parmi les personnalités invitées à s'exprimer figuraient :
- Olivier Babeau, économiste libéral de l'Institut Sapiens et chroniqueur sur Europe 1
- Nicolas Bouzou, économiste et fondateur du cabinet Asterès
- Géraldine Woessner, journaliste polémiste au Point et sur Europe 1
- Emmanuelle Ducros, journaliste spécialisée en agriculture
Cette sélection d'orateurs, majoritairement issus de sphères libérales et médiatiques favorables à une réduction des contraintes réglementaires, confirme l'orientation politique de l'événement. Les débats ont ainsi été largement dominés par des perspectives critiques envers les normes environnementales actuelles.
Le rôle central de Laurent Duplomb
Le sénateur Laurent Duplomb, organisateur de ces assises, a profité de cette plateforme pour relancer sa proposition de loi visant à assouplir la réglementation sur les pesticides. Sa précédente initiative législative, qui proposait la réintroduction de l'acétamipride, avait déjà provoqué des tensions politiques importantes durant l'été 2025.
La présence de hautes personnalités politiques comme Gérard Larcher et Annie Genevard a donné une légitimité institutionnelle à cet événement, malgré son financement externe et son orientation partisane. Cette situation illustre les tensions persistantes au sein du monde agricole français, partagé entre modernisation productive et transition écologique.
Ces assises s'inscrivent dans un contexte plus large de mobilisation agricole, où les questions de compétitivité, de charges administratives et d'accès aux produits phytosanitaires restent au centre des préoccupations. L'Observatoire du déclin agricole, promu par Duplomb, se positionne ainsi comme un contre-pouvoir face aux initiatives visant à accélérer la transition agroécologique.



