Alexis Pouzoulet, 23 ans, incarne le renouveau du muscat de Frontignan
Alexis Pouzoulet, 23 ans, incarne le renouveau du muscat

Alexis Pouzoulet, 23 ans, est le plus jeune administrateur de la cave coopérative de Frontignan. Alors que le Festival du Muscat s'achève ce dimanche, il a déjà la tête aux vendanges. Portrait d'un jeune viticulteur qui croit au potentiel de l'AOP Muscat de Frontignan.

Un travail de nuit pour échapper à la chaleur

Il est neuf heures du soir lorsqu'Alexis allume son tracteur. Il ne l'éteindra que le lendemain à six heures du matin. L'arrivée des fortes chaleurs l'oblige à travailler de nuit. À 23 ans, alors que beaucoup s'interrogent sur l'avenir de la viticulture, lui ne doute pas : il croit au muscat de Frontignan. Derrière sa réserve naturelle se cache une détermination tranquille, celle d'un homme qui sait exactement où il va.

Une vocation née dans les vignes

Tout commence par son beau-père, Christophe Miron, viticulteur et président alors de la cave coopérative de Frontignan. C'est en l'accompagnant dans les vignes que l'adolescent découvre un univers qui va le changer. "Je me demandais déjà au collège ce que j'allais faire dans la vie. J'avais pensé à la marine, mais quand j'ai commencé à travailler la vigne avec mon beau-père, j'ai compris que là était ma place. Je suis quelqu'un de manuel, j'aime être dehors, au contact des saisons, travailler pour moi et en toute autonomie", confie Alexis Pouzoulet.

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Propriétaire de vignes à 18 ans

La décision est prise. Après le collège, il s'oriente vers un bac pro en conduite et gestion de l'entreprise vitivinicole, et envisage ensuite un BTS. Mais le destin accélère les choses. En février 2021, alors qu'il n'a pas encore terminé sa terminale, il reprend six hectares de vignes auprès d'un viticulteur de Frontignan, et exploite, en parallèle, 14 hectares en fermage et métayage, aujourd'hui portés à 18 hectares. Le tout en pleine pandémie de Covid-19, alors que la viticulture traverse déjà une période de fortes turbulences. Ce contexte aurait pu refroidir plus d'un candidat à l'installation. Pas lui. "La cave coopérative de Frontignan s'est montrée résiliente durant cette période difficile. De plus, ma production avait un débouché assuré. C'était rassurant", explique-t-il.

Un engagement à la cave coopérative

Un an plus tard, suivant l'exemple de son beau-père, Alexis Pouzoulet rejoint le conseil d'administration de la cave. "C'était intéressant d'y entrer pour comprendre comment se dirige la cave et comment elle commercialise notre production, mais aussi pour échanger avec les autres et proposer des pistes stratégiques", détaille-t-il. Son travail à la vigne et son engagement à la cave coopérative font désormais de lui un acteur à part entière de l'AOP Muscat de Frontignan.

Des raisons d'y croire

À l'heure où plusieurs caves particulières du territoire connaissent des difficultés et où le renouvellement des générations peine à se faire, Alexis Pouzoulet refuse le fatalisme. "Quand on observe les problèmes rencontrés par les caves coopératives voisines qui produisent beaucoup de vins rouges, on voit que, chez nous, on résiste plutôt bien, même si le vin doux naturel n'est plus à la mode depuis des décennies", dit-il sans détour. Par ailleurs, si la commercialisation en grande distribution du muscat de Frontignan s'est tassée, ainsi que les ventes au caveau, le nectar de la cité muscatière a encore de beaux jours devant lui, selon le jeune viticulteur.

Diversification et innovation

Sa conviction repose sur un atout concret : la diversification des produits. Muscats secs, moelleux, pétillants, oranges, rouges… la cave cible une clientèle plus jeune, sans abandonner pour autant les fidèles du traditionnel muscat doux. Et, depuis quelques semaines, un gin maison est venu compléter la gamme, avec déjà ses premiers débouchés. Autre motif d'optimisme : les vignes en AOP mises en vente trouvent toujours preneur.

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Un avenir à construire

S'il croit profondément au muscat de Frontignan, Alexis sait aussi que les exploitations devront continuer à évoluer. Lui réfléchit déjà à développer un atelier d'élevage ovin pour diversifier ses revenus. En attendant, les vendanges approchent à grands pas. Une motivation ne le quitte jamais : la pensée de sa grand-mère, heureuse chaque jour de savourer son verre de muscat de Frontignan. Une image simple qui résume, à elle seule, l'attachement du viticulteur à cette appellation dont il entend bien écrire la suite.