Le stand de la FNSEA, au Salon de l’agriculture, à Paris, le 21 février 2026. Année après année, le nombre d’agriculteurs décline de manière significative en France. D’un million et demi dans les années 1970, ils sont désormais moins de 500 000, une chute vertigineuse qui transforme profondément le paysage rural et agricole du pays.
Un poids politique qui persiste malgré le déclin démographique
Et pourtant, l’agriculture continue de façonner les territoires et de peser dans le débat politique, comme le montrent clairement les récentes mobilisations contre la gestion sanitaire de la dermatose bovine et l’accord de libre-échange controversé entre l’Union européenne et le Mercosur. Ce secteur reste un acteur majeur des enjeux nationaux et internationaux.
L'inquiétante érosion de la présence agricole dans les mairies
A l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, une préoccupation supplémentaire émerge : voir les agriculteurs s’effacer progressivement des conseils municipaux. Le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Arnaud Rousseau, a lancé un appel pressant en novembre 2025 dans les colonnes d'Ouest-France.
Il a exhorté « toutes celles et ceux qui travaillent la terre » à se présenter aux scrutins locaux, soulignant une évolution alarmante : « Dans les années 1950, un maire sur deux était agriculteur. En 2023, ils ne sont plus que 10 %. Cette érosion n’est pas qu’une simple statistique : c’est un véritable signal d’alarme pour notre démocratie locale et notre lien avec les territoires. »
Une surreprésentation qui résiste mais diminue
Si les agriculteurs restent relativement bien représentés dans les conseils municipaux par rapport à leur faible poids dans la population active – ils ne constituent que 2,6 % de l’emploi total en France métropolitaine –, leur présence s’amenuise inexorablement. Les chercheurs François Purseigle et Pierre-Henri Bono, du Centre de recherches politiques de Sciences Po, ont méticuleusement tracé cette trajectoire descendante.
Leurs données révèlent une baisse constante : en 2008, 15,9 % des maires étaient agriculteurs, ils n'étaient plus que 13,3 % en 2013, et enfin 11,7 % en 2020. Plus largement, dans 70 % des conseils municipaux siège encore au moins un agriculteur, un ouvrier agricole ou un agriculteur à la retraite, montrant une certaine résilience.
Le sociologue François Purseigle analyse cette situation avec nuance : « On observe effectivement une surreprésentation persistante des maires agriculteurs, certes il y a un recul indéniable, mais la présence agricole dans les instances municipales résiste quand même plutôt bien face aux transformations démographiques et sociales. »
Cette diminution progressive pose des questions fondamentales sur la représentation des intérêts agricoles dans la gouvernance locale, à un moment où les défis environnementaux, économiques et sociaux du monde rural n'ont jamais été aussi pressants.



