Le Musée d'histoire et de céramique biotoises accueille jusqu'au 13 septembre une exposition inédite du céramiste Marc Alberghina, intitulée « La Cigaloise ». Réalisée à l'occasion des 30 ans de l'association des Amis du Musée de Biot, présidée par Catherine Sens-Meyé, cette exposition présente une vingtaine de pièces spécialement créées pour l'événement. L'artiste, installé à Vallauris, rend hommage à la cigale, animal emblématique de la Provence, à travers des plats, des vases et des installations.
Une inspiration ancrée dans la Provence et la réflexion contemporaine
« Depuis que je suis entré en céramique, à 17 ans, la cigale fait partie de mon univers créatif, confie Marc Alberghina. Un vent de liberté soufflait alors sur cette ville de Vallauris, en véritable effervescence. Au-delà du symbole de la Provence, mes cigales représentent une tranche de vie. Elles passent des années enfouies sous la terre pour ne vivre et chanter à l'air libre que quelques semaines. Leur existence fait écho aux ressources que notre terre a mis des millénaires à produire et que nous n'avons de cesse de consumer ».
Le titre de l'exposition, « La Cigaloise », fait clin d'œil à « la Galloise », la propriété où travailla Picasso à Vallauris. Marc Alberghina théâtralise ses cigales, les modèle à la lumière de ses obsessions et de sa réflexion sur la fin de vie ou la fin d'un monde. Il conçoit une esthétique à la fois ancrée dans la tradition mais vivante dans sa capacité à rendre compte des contradictions du temps présent.
Une technique maîtrisée au service de la création
Au-delà de la richesse et de la diversité de l'inspiration qui le caractérisent, Marc Alberghina reste un habile technicien en perpétuelle recherche de moyens au service de son inspiration. « J'ai travaillé sur du grès, ce qui me permet, en utilisant de trois à huit cuissons successives entre 1 060 et 1 080 degrés, de rajouter de la matière, explique-t-il. Cela m'a amené à la couleur dans laquelle je suis né ».
Cette technique aboutit à une qualité d'émaux et de nacres rouges flammés à l'oxyde noir, qui constituent sa signature. Formé au tournage, le céramiste devient un alchimiste de la couleur pour mieux emprisonner l'instant. Avec ces cigales protéiformes, qui séduisent les regards avant de parfois les horrifier, le visiteur chemine dans un parcours onirique ou angoissant.
Une pièce maîtresse : un retable-ex-voto
Le parcours de l'exposition mène à la pièce maîtresse : un retable que l'artiste qualifie d'ex-voto, en rapport à l'idée du sacré qui a fait partie de son histoire. On y découvre au-dessus d'un bénitier et d'une représentation de Saint-Claude (protecteur des potiers), la façade de l'église de Vallauris, torturée par les doutes et les angoisses de l'artiste et parsemée de cônes pyrométriques ou « montres » qui servent aux céramistes à mesurer la température du four. Lesquels entrent en déliquescence au fur et à mesure que celle-ci monte.
Informations pratiques
Le Musée d'histoire et de céramique biotoises, situé au 9, rue Saint-Sébastien, est une institution qui a vu le jour en 1981, sous la municipalité de Marcel Camatte, sous l'impulsion de deux habitants passionnés par l'histoire et la préservation du riche patrimoine Biotois, Michel et Marcelle Billaudot. Doté d'une salle dédiée aux expositions temporaires, il accueille dans une scénographie élaborée spécialement les pièces de Marc Alberghina.
L'exposition est visible jusqu'au 13 septembre, du mercredi au dimanche de 11 h à 18 h. Le tarif est de 4 euros en plein tarif et de 2 euros en demi-tarif.



