Le Collectif Histoire et mémoire présente son projet de Maison des mémoires, pensé comme un lieu de réconciliation. Le collectif a imaginé à quoi pourrait ressembler cette nouvelle maison des mémoires, un projet d’aire mémorielle évoquant le camp Saint-Nicolas, le long de la route d’Uzès.
Un lieu pour rassembler les mémoires
La Maison des mémoires veut rassembler à Nîmes les récits de toutes les communautés. Porté par le collectif Histoire et mémoire, le projet prévoit un lieu vivant, pédagogique et symbolique sous les arches de la gare. Après l’inauguration l’an dernier de la statue ressuscitant la mémoire de Bernard Lazare dans les jardins de la Fontaine, le collectif ne désarme pas et déborde de projets.
Cette semaine, David Storper et Danièle Cazes ont rencontré Denis Lanoy, nouvel adjoint aux Arts et à la culture de la ville de Nîmes, pour lui présenter leurs projets à venir, petits et grands. L’association conserve la même ambition, notamment avec le projet d’une création de la Maison des mémoires.
De l’idée initiale à un projet élargi
En 2023, le collectif avait évoqué l’idée d’utiliser deux arches de la voie de chemin de fer pour y créer un lieu consacré à l’histoire de la résistance et de la déportation, rappelle David Storper. Mais au fil des rencontres, les membres se sont rendu compte que d’autres associations œuvraient à la transmission d’autres histoires. D’où l’idée de créer un lieu de réconciliation plus ouvert et consacré à l’ensemble des mémoires, expliquent David Storper et Danièle Cazes, qui citent notamment les harkis et l’association Soraya, les Arméniens, le Souvenir français, les gitans…
Le lieu choisi, sous les arches, près de la gare, où est déjà installée une plaque à la mémoire des crimes de Vichy, est très symbolique. Il est situé tout près du Canto Cigalo, centre social de la SNCF qui a servi de lieu d’internement pendant l’Occupation, tout près des arches où des résistants ont été pendus par les Nazis le 2 mars 1944, sous les voies de chemin de fer où ont circulé les trains partant vers la mort industrialisée des camps.
Un appel à la Ville et au Département
Cette fois, contrairement à la statue de Bernard Lazare, nous ne pouvons porter le projet seuls et nous aimerions que la Ville se positionne et s’en empare, expliquent-ils. Le collectif a également présenté le projet au Conseil départemental. Des contacts ont déjà été noués avec d’autres associations. Tout le monde est d’accord pour travailler ensemble, se félicite David Storper, qui aimerait associer au projet la fondation du Camp des Milles, avec laquelle le collectif a noué une relation étroite et qui a récompensé plusieurs projets nîmois.
Un espace vivant et pédagogique
Le collectif a déjà imaginé à quoi pourrait ressembler cette Maison des mémoires. En termes de transmission, une liste de noms est insuffisante, explique David Storper, qui s’inspire de projets développés à Lyon ou à la gare de Milan et souhaite créer un lieu vivant et pédagogique où, tour à tour, les différentes associations pourraient mener des projets.
L’une des arches pourrait abriter une bibliothèque, un centre de ressources et de documentation, l’autre pourrait accueillir conférences, spectacles, projections et expositions. Ce serait l’occasion d’évoquer des épisodes peu connus. Danièle Cazes cite notamment l’histoire des Indochinois ayant contribué à l’activité de la gare de triage de Nîmes ou de ces gendarmes nîmois qui ont refusé de participer à un peloton d’exécution et dont la gendarmerie aimerait évoquer la mémoire.
L’objectif serait de faire vivre l’histoire au niveau local, d’attirer les publics scolaires mais aussi de développer un tourisme mémoriel.



