Le Louvre et Snapchat renouvellent leur collaboration pour deux années supplémentaires
À l'automne 2023, le musée du Louvre et le groupe californien Snapchat s'étaient associés pour proposer une expérience de visite innovante dans le département des antiquités égyptiennes. Cette expérimentation, qui permettait aux visiteurs de découvrir des contenus en réalité augmentée sur les pièces archéologiques via leur téléphone portable, a connu un succès retentissant. Selon Snapchat, elle a généré plus de deux millions d'activations de l'application sur une période de dix-huit mois.
Une initiative élargie à l'ensemble des collections
Fort de ce succès, le partenariat est aujourd'hui reconduit pour une durée de deux ans. Il ne se limite plus exclusivement aux objets pharaoniques. Baptisée « Les Illustres inconnus du Louvre », l'opération met désormais en valeur six œuvres dispersées dans l'ensemble des salles du musée.
Parmi ces œuvres, le buste mutilé d'Akhenaton retrouve sa forme originale grâce à la technologie. Le code d'Hammurabi révèle, de manière inédite, les 280 décisions de justice inscrites sur ses flancs de basalte. Dans l'aile Richelieu, le socle d'une statue de Martin Desjardins honorant Louis XIV retrouve son impressionnant bronze royal, détruit pendant la Révolution.
Des trésors méconnus révélés au grand public
Dans les anciennes écuries napoléoniennes, la « koré de Samos » dévoile ses formes et ses couleurs d'origine, telles que les pèlerins du sanctuaire dédié à Héra pouvaient les admirer il y a 2500 ans. Dans l'aile Sully, un portrait d'Anne de Clèves, réalisé par Hans Holbein et récemment restauré, fait l'objet d'un petit film d'animation expliquant le sens des messages cachés ornant sa coiffe.
L'animation la plus impressionnante concerne un émail de Bernard Palissy, visible au premier étage de l'aile Richelieu. Représentant des reptiles et poissons, l'œuvre semble reprendre vie lorsque l'on pointe son appareil dans sa direction.
Détourner les visiteurs des icônes traditionnelles
Le point commun de toutes ces œuvres ? « Elles sont souvent ignorées par les visiteurs qui se dirigent habituellement plutôt vers les icônes que sont la Joconde, la Victoire de Samothrace ou encore la Vénus de Milo », confie Gauthier Verbeke, directeur de la médiation du musée. En mettant en valeur, via Snapchat, des œuvres moins « courues », l'équipe du Louvre espère encourager les visiteurs à se détourner des salles les plus fréquentées.
Un outil de médiation moderne et gratuit
« L'idée est aussi de transformer les smartphones en outil de médiation moderne afin d'amener le public à regarder autrement le patrimoine qu'abrite l'institution », complète Antoine Gilbert, directeur de l'AR Studio, filiale française de Snapchat qui a travaillé sur ce projet pendant plus d'un an.
Une équipe de douze informaticiens, graphistes et spécialistes de l'histoire de l'art a mis au point ces contenus didactiques gratuits, consultables par un QR code figurant sur les cartels des œuvres. Ni Snapchat ni le Louvre ne dévoilent le montant de l'investissement. « Ce qui est sûr, c'est que cela ne coûte rien aux finances publiques car cela s'inscrit dans le cadre d'un mécénat de compétence », précise-t-on au musée.
Un modèle qui inspire d'autres institutions
Plusieurs autres établissements publics ont déjà sollicité Snapchat pour mettre en place des programmes similaires. En France, les châteaux de Versailles et de Chantilly ainsi que le centre Pompidou sont intéressés. Au Royaume-Uni, le Royal Philharmonic Orchestra et la National Gallery explorent également cette voie.



