Le tableau La Jeune Femme du peintre bédaricien Pierre-Auguste Cot (1837-1883) a retrouvé son éclat après une restauration menée par Roos Campman, restauratrice d’œuvres d’art. L’œuvre est de nouveau visible à Bédarieux, dans l’Hérault.
Une toile endommagée par les rongeurs
Roos Campman a constaté deux types de problèmes à l’arrivée du tableau dans son atelier : un problème de conservation et un problème esthétique. Le premier, jugé le plus important, concernait l’avenir de l’œuvre. Les quatre bords de la toile avaient été attaqués par des rongeurs, avec des trous et des déchirures. La toile n’était plus correctement maintenue sur son châssis, se déformait et devenait sensible aux variations de température et d’humidité. Une intervention urgente s’imposait.
Consolidation et retente sur le châssis d’origine
La restauratrice a comblé les lacunes, consolidé la toile et l’a retendue sur son châssis d’origine, qui était en bon état. Une fois cette étape achevée, elle s’est intéressée à la couche peinte. C’est là qu’un second problème est apparu : le tableau avait reçu, probablement dans les années 1950 ou 1960, un vernis à base de résine acrylique qui n’était pas celui d’origine. Ce vernis avait réagi à l’humidité et était devenu opaque, masquant de nombreux détails du décor japonisant, notamment le paravent, le tapis sous les personnages et le papier peint du fond.
Un allègement prudent du vernis
Roos Campman a choisi de ne pas retirer complètement ce vernis. « Parce qu’il pouvait ne plus y avoir de vernis intermédiaire entre celui-ci et la peinture originale de Pierre-Auguste Cot. Il y avait donc un risque d’entrer directement en contact avec la couche picturale. J’ai préféré alléger le vernis plutôt que de prendre ce risque », a-t-elle expliqué. Les produits utilisés ont permis de restaurer l’indice de réfraction du vernis, donc sa transparence.
La restauratrice a également éliminé les salissures, notamment les suies et les dépôts accumulés au fil du temps. Le résultat est une peinture beaucoup plus claire, qui permet de redécouvrir des détails que l’on distinguait à peine auparavant. L’œuvre retrouve ainsi son écrin à Bédarieux, où le public peut de nouveau l’admirer.