Dans le cadre de sa chronique « Envers mon endroit », l’écrivain et historien Ivan Jablonka se penche sur la digue de Wimereux, dans le Pas-de-Calais. Il décrit ce lieu comme un « endroit de promenade » qui devient le support d’une méditation sur le rapport au rivage, à l’histoire et à la politique.
Un lieu de promenade et de mémoire
Ivan Jablonka évoque la digue de Wimereux comme un espace familier, fréquenté par les habitants et les touristes. Il souligne que la digue n’est pas seulement un ouvrage de protection contre la mer, mais aussi un lieu de vie, de rencontre et de contemplation. Selon lui, « la digue, c’est un peu la scène du village ». Il y voit une scène où se jouent des histoires individuelles et collectives, un lieu où se mêlent les souvenirs d’enfance et les préoccupations contemporaines.
Une réflexion sur le littoral et l’identité
L’auteur ne se contente pas de décrire le paysage. Il utilise la digue comme un point de départ pour interroger le rapport des Français à leur littoral. Il note que « la mer, c’est une frontière, une ouverture, une menace ». Cette ambivalence se retrouve dans l’histoire de Wimereux, station balnéaire née au XIXe siècle, et dans les enjeux actuels liés à l’érosion côtière et au changement climatique. Jablonka établit un lien entre la digue et la notion de frontière, rappelant que la Manche est aussi une route migratoire. Il écrit : « La digue, c’est la ligne de partage entre la terre et la mer, entre le connu et l’inconnu, entre la sécurité et le danger. »
Un regard politique sur le paysage
Pour Ivan Jablonka, la digue de Wimereux est un objet politique. Il explique que « le paysage n’est jamais innocent » et que la manière dont on aménage le littoral révèle des choix de société. Il critique la bétonisation des côtes et l’uniformisation des stations balnéaires, tout en rendant hommage à la beauté sauvage de la Côte d’Opale. Il conclut sa chronique en affirmant que « la digue, c’est aussi une leçon de choses : elle nous apprend à habiter le monde, à composer avec les éléments, à faire société. »
Cette réflexion s’inscrit dans la série « Envers mon endroit », où Ivan Jablonka explore des lieux chargés de sens. Il y mêle autobiographie, histoire et géographie, pour interroger notre rapport à l’espace et au temps. La digue de Wimereux devient ainsi le symbole d’une certaine idée de la France, entre terre et mer, entre mémoire et avenir.



