Lors de la première édition de l'Y.S. festival, tenue le 26 septembre à Saint-Jean-du-Gard, les courts métrages Taazrit de Kaouther Dernouni et The moped and the goldfinch d'Amir Bensaifi ont chacun reçu trois distinctions. Le public réuni dans la salle Stevenson a plébiscité ces deux œuvres, issues du speed dating franco-algérien du court métrage.
Un palmarès triplement récompensé
Taazrit de Kaouther Dernouni a remporté le prix du meilleur documentaire, le prix du public et le prix des lycéens. Ce documentaire, dont le titre signifie « célibat » en langue chaouie, suit le personnage de Habiba, une femme libre et indépendante rencontrée par la réalisatrice lors d'un séjour à Ghassira, dans la wilaya de Batna. Le film porte un discours féministe, décolonial et identitaire, la réalisatrice renouant avec ses racines amazighes.
De son côté, The moped and the goldfinch d'Amir Bensaifi a obtenu le prix de la meilleure fiction, le prix du regard de femmes et une mention spéciale. Cette fiction de 13 minutes raconte le périple à mobylette de Moufida, une jeune femme de l'Est algérien qui décide de rejoindre la capitale pour se rendre au chevet de son petit ami.
Un festival de rencontres interculturelles
Cette première édition a permis aux spectateurs de découvrir 23 films, dont 5 courts métrages hors compétition présentés dans le cadre du programme Let's make film de Smail Lif. Nathalie Dunoir, coorganisatrice du festival, précise que l'événement a été conçu « non pas comme un festival de films mais plutôt comme un festival de rencontres ». Les réalisations diffusées provenaient d'artistes algériens vivant en Algérie ou à l'étranger, reflétant la volonté de feu Yann Sinic de former par les arts un dialogue international.
La direction du festival souhaite intensifier ce dialogue avec la jeunesse en créant, d'ici trois ans, un campus qui invitera des étudiants de plusieurs pays à produire un court métrage durant leur séjour à Saint-Jean-du-Gard. « Nous allons pousser un peu plus loin le bouchon du dialogue interculturel et faire venir ici du cinéma du monde afin d'animer le territoire », conclut Nathalie Dunoir.