Ce mardi 6 octobre, l'intersyndicale de l'Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaire) rejoint les lycéens dans une trentaine de villes pour l'acte III de la mobilisation. Alors que le mouvement de blocus lycéens entre dans sa troisième semaine, des manifestations sont prévues partout en France, sous la surveillance des autorités qui peinent à faire redescendre la pression après plusieurs semaines de tensions.
Un rassemblement parisien sous haute surveillance
À Paris, l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante ont annoncé un rassemblement sur la place de la République à partir de 14 heures. Pour encadrer le cortège, qui pourrait compter entre 20 000 et 40 000 manifestants, 2 000 policiers et gendarmes seront mobilisés. Les autorités redoutent également des « prérencards » dès la mi-journée dans plusieurs endroits de la capitale, sans déclaration préalable en préfecture.
Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés. Matignon se défend en affirmant que « l'immense majorité » de ces blessures sont survenues « soit dans le cadre d'accidents », « soit par le fait d'autres individus extérieurs ». Des incidents graves ont marqué le mouvement : un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi, et un lycéen de 16 ans a perdu l'usage d'un œil lors d'un blocage à Tours la semaine dernière, le parquet évoquant des lésions « compatibles » avec un tir de LBD. Dix enquêtes ont été ouvertes par la « police des polices » depuis le début du mouvement, selon l'entourage du ministre Laurent Nuñez.
Une convergence des luttes
Les lycéens, mobilisés pour réclamer des moyens, dénoncer l'insalubrité des bâtiments, le non-remplacement de professeurs (notamment dans les quartiers populaires) ou encore les pressions et inégalités liées à la plateforme post-bac Parcoursup, devraient recevoir le renfort des étudiants. Eloïse Lefebvre-Milon, de l'Union étudiante, qui recensait une trentaine de sites bloqués dès lundi, appelle à « massivement bloquer tous les lieux d'études pour être en capacité de continuer à faire grandir la mobilisation et se retrouver avec une convergence des lycéens, lycéennes, étudiants, étudiantes, mais aussi des travailleurs et des travailleuses, d'autres secteurs qui commencent à nous appuyer ».
La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole classé à gauche, a également appelé les agriculteurs à faire « converger » les « colères » et à rejoindre la mobilisation avec leurs tracteurs. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a assuré que « les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens », alors que les blocages se sont accompagnés de nombreuses tensions avec les forces de l'ordre.
Un appel à une contestation pacifique
Les revendications du mouvement lycéen doivent être portées « dans un cadre pacifique », a indiqué Matignon lundi soir, appelant à ce que la mobilisation de mardi permette de « renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique ». Depuis le 28 septembre, plus de 6 000 interpellations, essentiellement de mineurs, ont été effectuées par les forces de l'ordre, qui seront encore mobilisées pour encadrer cette nouvelle journée de mobilisation.