Var : lutte renforcée contre les espèces exotiques envahissantes
Var : lutte renforcée contre les espèces invasives

Le préfet du Var, Simon Babre, a réuni des experts et scientifiques pour faire le point sur les dispositifs de lutte contre les espèces exotiques envahissantes (EEE) dans le département. Lors d'un quatrième comité de pilotage, il a affirmé que tout ce qui est possible pour éradiquer, freiner ou limiter ces espèces est mis en œuvre. Ces EEE comptent parmi les cinq causes majeures de l'érosion de la biodiversité.

Éradication de la fourmi électrique : des progrès et de nouveaux foyers

La fourmi électrique (wasmannia auropunctata), apparue à Toulon en 2022, est l'objet de toutes les attentions. Olivier Blight, enseignant chercheur à l'Université d'Avignon, souligne que le gros problème est de vivre au quotidien avec ces fourmis, dont la piqûre est particulièrement douloureuse. Le préfet vise clairement l'éradication. Un traitement inédit est utilisé : le saupoudrage d'un insecticide australien, le Campaign© Ant Bait, réglementé dans l'Union européenne et dont l'autorisation sera prochainement renouvelée pour 180 jours. Depuis mai dernier, cette méthode a fait ses preuves sur la colonie historique. Hermence Forgeat, directrice de Fredon Paca, précise que cela permet de gagner en efficacité et en temps.

Malgré ces succès, de nouveaux foyers ont été détectés. La plateforme de signalement vigi-sud.fr a recueilli cent signalements depuis son lancement, dont quatre se sont révélés positifs. Ainsi, en plus des foyers connus à Toulon, Cavalaire et La Croix-Valmer, de nouvelles colonies ont été identifiées à Hyères, La Seyne, Sainte-Maxime et pour la deuxième fois à Cavalaire. Simon Babre affirme que ce n'est pas un échec des traitements, mais un succès du signalement. Olivier Blight explique que la taille égale d'environ deux hectares de chaque foyer indique qu'ils ont tous dix à quinze ans, ce qui signifie qu'il s'agit de nouvelles détections, non de dispersion. La vigilance doit se poursuivre, notamment concernant le déplacement des déchets verts, dont le brûlage est autorisé sur les zones infestées.

Frelon asiatique : un plan de bataille plus abouti

Pour le frelon asiatique à pattes jaunes, l'éradication n'est plus envisagée, mais plutôt la cohabitation. Le gouvernement a dévoilé le mois dernier son plan national de lutte, décliné au niveau départemental sous l'égide du préfet, qui constate des signaux que leur présence augmente. Pour réduire la pression, vigi-sud.fr constitue un point d'entrée unique de signalement et de suivi des actions. Le plan repose sur un réseau de référents désignés par les collectivités, permettant d'articuler les initiatives opérationnelles. En tête, le piégeage avec le déploiement de 3 000 pièges à l'échelle régionale, et la destruction de nids menée par des entreprises expertes. Simon Babre estime que c'est un plan de bataille beaucoup plus abouti que ce qu'on avait jusqu'à présent.

Cochenille tortue du pin et cicadelle africaine : le végétal menacé

La cochenille tortue du pin, particulièrement destructrice pour les pins parasols et maritimes, voit sa progression très visible dans l'est du département. Le préfet reconnaît qu'on ne cherche pas son éradication, mais le ralentissement de sa propagation. Des traitements par injection de produits phytosanitaires autorisés par dérogation sont possibles dès les premiers signes d'apparition, explique Denis Ferrieu, chef du pôle mutualisation des inspections phytosanitaires à la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt. L'élagage, voire l'abattage, puis l'évacuation du bois sont souvent nécessaires. Grâce à des dérogations d'utilisation d'insecticide, les autorités espèrent aussi lutter contre la cicadelle africaine, une espèce qui fait son entrée dans le plan de lutte en raison des dommages qu'elle cause aux vignobles, notamment à Bormes et au Lavandou. Là, admet le préfet, on n'a pas encore la formule miracle.