La chanteuse Marguerite, 25 ans, dévoile ce vendredi son premier album, « guérir », un an après son EP « grandir ». Dans un entretien accordé à 20 Minutes, elle explique avoir voulu « cartographier la guérison », refusant l'idée que l'on se blesse, que l'on soigne et que l'on passe à autre chose. « Nos blessures ne nous définissent pas mais elles font partie de nous et elles nous permettent de trouver beaucoup de lumière en nous-mêmes », précise-t-elle.
Un diptyque avec « grandir »
Interrogée sur l'évolution depuis son EP, Marguerite estime que sa musique « a gagné en chaleur ». Elle souligne que les deux projets forment « un diptyque », car l'album a été composé et écrit pendant la tournée et la promotion de « grandir ». La scène a également joué un rôle transformateur : « La scène permet de se découvrir beaucoup de courage et de joie », dit-elle, évoquant la rencontre directe avec le public.
Musicalement, l'album mêle des tonalités pop à des accents rock. Marguerite cite les Strokes, les Beatles, Saya Gray et Lola Young comme influences, ainsi que Jack Johnson pour un côté « guitare au coin du feu ». Elle revendique une pop « pas conventionnelle ».
Un regard féministe et inspiré
Le disque aborde des thèmes féministes, avec une référence assumée à Lily Allen. « Lily Allen a ce truc de ne pas chercher à plaire aux hommes quand elle fait sa musique », explique Marguerite, saluant son côté « j'emmerde tout le monde » frontal. La chanson « Mon ventre », déjà présente dans « grandir », dialogue avec son ventre, « point de départ de plein de choses » pour les femmes, mais aussi un objet que la société « menace ».
Marguerite s'inspire également de Virginie Despentes, dont elle admire la « radicalité » et la capacité à « exprimer sa colère ». Elle reconnaît ne pas encore y arriver, mais sent cette colère « sommeiller » en elle. La chanson « Les Fourmis » illustre cette tension entre explicite et pudique : « Je suis passée par une étape où j'ai édulcoré le texte dix fois plus », confie-t-elle, avant d'assumer : « Je n'ai pas à m'excuser de ça et, surtout, je n'ai pas honte. »
Cinéma et projets
Marguerite revient aussi sur la polémique autour du film « Mémoire de filles » de Judith Godrèche, sorti le 30 septembre. Après avoir passé les castings, elle n'a pas été retenue, malgré un premier communiqué annonçant sa participation. Elle relativise : « Des erreurs comme ça, ça arrive. » Elle se dit « hyper heureuse » que le film existe et espère que cela « permette de faire frémir la parole ».
Parallèlement à l'album, une « grosse tournée » s'annonce. Le cinéma reste dans ses projets : elle a tourné cet été en Bretagne dans « Une de perdue, une de perdue », un film de Mathilde Elu avec Laura Felpin, où elle tient un « tout petit rôle » qui lui a donné envie de continuer.