À Brousse-le-Château, dans l'Aveyron, la cloche de l'école rythmait autrefois la vie du village. Bien que l'école ait fermé ses portes en 1974, la cloche est toujours présente, au-dessus de la porte d'entrée de l'ancien groupe scolaire. Elle demeure l'un des derniers témoins de 131 années d'enseignement dans cette commune.
Les origines de l'école à Brousse-le-Château
En 1843, la loi Guizot imposa à chaque commune de plus de 500 habitants d'ouvrir une école primaire publique pour garçons. Cette école resta payante et non obligatoire. À Brousse, la première école apparut à cette date, avec Jean Antoine Barthélemy de Couffoulens comme instituteur.
Pour les filles, il fallut attendre 1856, avec l'ouverture d'une classe dirigée par Gabrielle Carriére, notable de la bourgade. Au début, les enseignants, surnommés les « hussards noirs de la République », venaient des alentours : Jean Antoine et son cousin Hyppolyte Barthélemy de Couffoulens, Léon Reynés de Sabuc, et Louis Pujol de Montclar.
L'essor et la construction du groupe scolaire
Avec la loi Ferry en 1882, l'école devint gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans. Le nombre d'élèves augmenta alors : en 1888, 40 garçons et 30 filles fréquentaient les deux classes. Ces dernières se tenaient dans des pièces louées par la mairie à des particuliers.
En 1929, suite au non-renouvellement du bail, la construction d'un groupe scolaire fut décidée, après l'achat de l'immeuble de Maria Grimal de Roquefort. Le coût total s'éleva à 172 000 francs, avec 126 000 francs de subventions. En 1937, l'entrepreneur Cauvet de Tournemire acheva ce bâtiment comprenant deux classes, les logements des instituteurs et deux cours de récréation.
Le déclin démographique et la fermeture
Le déclin démographique obligea à la création d'une unique classe mixte en 1945. Mais peu à peu, le nombre d'écoliers diminua. Le lundi 16 septembre 1974, après 131 années de présence, la porte de l'école resta définitivement close, marquant la fin d'une page importante pour le village.
Ne demeurent comme souvenirs : un marronnier, l'immeuble qui abrite la mairie et trois logements, et la cloche au-dessus de la porte d'entrée qui régulait les entrées, les sorties et les récréations. Désormais, seules demeurent les réminiscences nostalgiques des jeux de récréation, des rituels de classe, des certificats d'études, des savoirs inculqués par des maîtres d'école respectés qui ont accompagné de nombreuses générations de jeunes Broussais.



