Rentrée sociale 2026 dans les Alpes-Maritimes : mobilisation en vue
Rentrée sociale 2026 : les syndicats azuréens se mobilisent

Les syndicats des Alpes-Maritimes préparent une rentrée sociale sous tension, avec un temps fort le 29 septembre 2026 à Nice. Salaires, pouvoir d'achat, services publics et conditions de travail figurent parmi les principales revendications.

Une rentrée sociale marquée par des revendications constantes

Inquiétude, colère et envie de mobilisation. Voici, en substance, le sentiment qui gagne les rangs dans les différents secteurs azuréens en cette rentrée sociale de septembre 2026. Et pour cause : les mois défilent et les revendications demeurent les mêmes. « Au final, la rentrée sociale, c'est toute l'année », résume Rémi Demouveaux, secrétaire général de l'Union Départementale CGT 06, en explicitant : « Je dis cela au vu du combat et des revendications qui sont portées dans les entreprises à longueur de semaine. Les luttes sont constantes. »

D'un secteur à l'autre, et malgré des positionnements parfois différents, plusieurs revendications se retrouvent : salaires et pouvoir d'achat, revalorisation du point d'indice, emploi et conditions de travail, mais aussi refus des politiques d'austérité et défense des services publics. De leur côté, les policiers et sapeurs-pompiers font entendre leur colère depuis plusieurs semaines.

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Un calendrier chargé jusqu'à l'élection présidentielle

Le premier rendez-vous débute le mardi 8 septembre 2026 dans la fonction publique hospitalière, avec une « journée fonction hospitalière morte » dans les hôpitaux. Le 29 septembre 2026 s'annonce comme un nouveau temps fort, avec une manifestation intersyndicale autour de la fonction publique qui devrait prendre place à Nice.

À sept mois de l'élection présidentielle de 2027, l'agenda promet d'être chargé. C'est en tout cas ce que promet la CGT, qui s'apprête à lancer une stratégie d'occupation du terrain médiatique. « Pour nous, il s'agit de donner un porte-voix encore plus important, d'amplifier les luttes sociales dans les entreprises, parce qu'on est persuadé que c'est impératif de combattre les idées d'extrême droite », résume le secrétaire départemental, en listant les différents rendez-vous déjà au planning jusqu'en octobre : mobilisation des professionnels de la petite enfance, manifestation des retraités, action des professionnels du spectacle…

Des positions divergentes entre syndicats

Si certains syndicats prennent clairement position face aux idées politiques, d'autres privilégient un discours plus neutre, centré sur les revendications professionnelles. C'est le cas de Force Ouvrière. « Quels que soient les candidats qui se présentent, on ne donne jamais aucune consigne de vote. Nos revendications, elles, ne changent pas », fait savoir son secrétaire général de l'Union Départementale FO des Alpes-Maritimes.

« En 10 ans, on a perdu près de 20 % de pouvoir d'achat », lâche Thomas Ghestem, co-secrétaire départemental de la FSU 06 : « Il y a un décrochage salarial pour beaucoup de fonctionnaires. » Un phénomène perçu très vivement dans les Alpes-Maritimes : « C'est un département qui est assez répulsif, qui n'attire pas les fonctionnaires parce qu'il est difficile de se loger au vu des prix des loyers. »

Trois ans après la réforme des retraites

Trois ans après la mobilisation historique contre la réforme des retraites, que reste-t-il du mouvement sur la Côte d'Azur ? « Il en reste beaucoup de personnes désabusées », avance Franck Hausner, secrétaire général de l'Union Départementale FO des Alpes-Maritimes, qui malgré un « doublement des cartes » d'adhésion à cette période, ne peut que dresser le constat : « Malgré les manifestations, les 3 millions de personnes dans la rue, 93 % des personnes contre (1), le gouvernement a balayé ça d'un coup, d'un revers de main. »

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Fidèle à ses revendications, FO reste sur sa lancée : « Les propositions qui étaient les nôtres il y a trois ans, sont toujours aussi valables aujourd'hui. » Comme une meilleure insertion des jeunes dans l'emploi et un maintien des seniors dans l'activité, plutôt que leur exclusion du marché du travail. Un passage en force qui « n'est pas passé et ne passe pas », estime Thomas Ghestem, pour la FSU 06. Il dénonce également les conséquences de la réforme des retraites pour les femmes, alors que l'égalité salariale reste, selon lui, un combat majeur : « La différence est toujours entre 15 et 20 % entre les salaires féminins et les salaires masculins. »

Trois ans plus tard, peut-on envisager une reprise aussi forte de la mobilisation ? « On n'a pas de baguette magique pour mettre les travailleurs et les travailleuses dans la rue », reconnaît Rémi Demouveaux, pour l'Union Départementale CGT 06 : « C'est cyclique, souvent en lien avec d'importants reculs politiques. » Fragmenté, le mouvement ne s'est pas pour autant éteint dans les Alpes-Maritimes. Reste à voir si cette rentrée saura faire converger à nouveau les luttes.

1. Enquête de l'Institut Montaigne en 2023, 93 % des actifs n'étaient pas favorables au recul de l'âge légal de départ à la retraite au-delà de 62 ans.