Le Parc naturel régional de l’Aubrac a présenté, le 15 octobre 2026, un cahier de recommandations pour la restauration des burons, ces anciennes bâtisses pastorales menacées de disparition. L’objectif est d’encadrer leur réhabilitation face à une pression immobilière qui a vu certains biens se vendre à plus de 4 000 € le mètre carré dans le Cantal, selon Isabelle Mellin, de la Direction départementale des territoires du Cantal.
Des bâtisses très convoitées sur le plateau
Sur le haut plateau de l’Aubrac, les burons, vestiges d’un patrimoine pastoral vieux de plus de cinq siècles, attirent de plus en plus d’acheteurs en quête d’isolement et de nature brute. Ces anciennes bâtisses, où les buronniers dormaient et fabriquaient leurs fromages au siècle dernier, s’arrachent désormais à prix d’or. « Dans le Cantal, nous avons eu une forte pression immobilière sur les burons avec beaucoup de rachats, certains se vendaient à plus de 4 000 € le mètre carré ! En Lozère au contraire, les bâtisses sont restées dans le cadre familial », a constaté Isabelle Mellin.
Cette pression met en péril l’authenticité de ces constructions. Certains acheteurs les transforment en résidences secondaires, tandis que d’autres choisissent d’ouvrir des établissements recevant du public, comme des restaurants ou des chambres d’hôtes. Si ces reconversions donnent une nouvelle vie aux bâtiments, elles soulèvent la question de la préservation de leur identité patrimoniale.
Un cahier de recommandations pour guider les projets
Pour accompagner ces transformations sans sacrifier l’héritage pastoral, le Parc naturel régional de l’Aubrac a présenté son cahier de recommandations au lieu-dit Bonnechare, à Recoules-d’Aubrac en Lozère. L’objectif est de donner des repères aux propriétaires et aux porteurs de projet afin de concilier les nouveaux usages avec la préservation de l’architecture et l’intégration dans le paysage.
Adapter un buron au confort moderne implique souvent des compromis : installation de l’eau et de l’électricité, aménagement des accès ou modification du bâti. Les aménagements extérieurs doivent également tenir compte de l’intégration dans le paysage et des usages agricoles, toujours présents sur les estives.
Le poids financier des rénovations
« Certains acheteurs dénaturent complètement l’esprit du buron en mettant par exemple des jacuzzis ou des sols chauffants. Le but n’est pas non plus de les mettre sous cloche parce que sans usage, ils finiraient en ruine, mais de les préserver », poursuit Isabelle Mellin, également référente de la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) du Cantal.
Les burons ne peuvent plus remplir leur fonction de fabrication de fromages à cause des normes sanitaires et des changements de pratiques agricoles. Ils peuvent néanmoins encore servir de stockage pour les éleveurs. Mais pour les agriculteurs propriétaires, le prix d’une restauration et la quantité de démarches administratives découragent rapidement face à une offre de vente alléchante. Au risque de voir ces bâtisses quitter le patrimoine agricole pour lequel elles ont été construites.
Le cahier de recommandations vise donc à trouver un équilibre entre la préservation, la transmission et les moyens de donner une nouvelle vie aux burons, sans leur faire perdre ce qui fait leur identité.