Ancien tribunal de Brignoles : classement temporaire aux Monuments historiques
Ancien tribunal de Brignoles : classement temporaire

Le ministère de la Culture a accordé, le 20 mai 2026, une instance de classement au titre des Monuments historiques à l'ancien palais de justice de Brignoles. Cette mesure de protection temporaire, valable un an, confère au bâtiment les mêmes effets et avantages qu'un monument historique classé, empêchant ainsi toute destruction, modification ou altération. Cette décision fait suite à la mobilisation de l'association Sites et Monuments, qui s'oppose au projet de démolition partielle porté par la municipalité.

Un bras de fer entre la mairie et les défenseurs du patrimoine

Depuis plusieurs semaines, l'ancien tribunal de Brignoles est au cœur d'un conflit opposant la mairie, qui souhaite le « démolir partiellement », et l'association Sites et Monuments, déterminée à « le préserver coûte que coûte ». La mairie justifie sa position par l'état de dégradation avancé du bâtiment, laissé vacant depuis le départ du tribunal vers le quartier de Paris. Selon un appel d'offres pour la destruction, « le bâtiment est resté vacant. Il s'est alors dégradé petit à petit jusqu'à l'effondrement partiel de la toiture et de certaines zones de plancher ». La structure a résisté, mais « la préservation en l'état étant devenue impossible, notamment en raison du coût nécessaire, il a été décidé la démolition partielle du bâtiment, en ne conservant que la façade principale ».

L'association Sites et Monuments, elle, salue une « excellente nouvelle ». Sandrine Rolengo, déléguée régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) de l'association, précise : « Ce classement provisoire intervient alors que l'édifice était menacé par un permis de démolition partielle. La municipalité ne semble pas avoir pris conscience de la valeur de ce bâtiment. Le détruire, même une petite partie, serait une grande perte pour la ville. » Elle ajoute que « l'instance de classement est une procédure extrêmement rare. Le fait que l'ancien tribunal de Brignoles en bénéficie confirme l'intérêt historique et patrimonial de ce lieu ».

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Un projet de destruction initié en 2024

Les premières intentions de destruction partielle de l'ancien palais de justice ont été évoquées par la Ville de Brignoles en novembre 2024, puis confirmées lors du conseil municipal du jeudi 19 décembre 2024. Ce jour-là, une délibération a été votée à l'unanimité pour autoriser le maire, Didier Brémond, à déposer un permis de démolir sur la parcelle de l'ancien palais de justice, situé en plein centre-ville. La mairie souhaite préserver la façade de l'édifice et engager des travaux de construction pour un hôtel, comme l'indiquait le programme de campagne du maire.

Sandrine Rolengo nuance toutefois la décision municipale : si elle conçoit que « le coût de rénovation puisse faire hésiter la municipalité », elle estime que « le montant des travaux ne doit pas pour autant être un frein ». Elle rappelle que « grâce à cette instance de classement, une partie (jusqu'à 40 %, NDLR) du budget nécessaire pour financer les premiers travaux de restauration du site peut être assurée par l'État ».

Des discussions en vue pour l'avenir du site

Sandrine Rolengo a été alertée de la dégradation du bâtiment par des habitants de la commune, qui lui ont envoyé des photos. Selon elle, « le maire serait prêt à discuter » et lui aurait proposé « une visite du site » très prochainement. Elle a également demandé à la sous-préfecture de Brignoles d'organiser une table ronde avec le maire, les architectes des Bâtiments de France et la direction régionale des affaires culturelles Paca pour évoquer l'avenir du site. « Nous souhaitons pouvoir échanger avec Monsieur le maire sur l'avenir du bâtiment afin de lui attribuer une nouvelle fonction. Peu importe le projet retenu, ce que nous voulons, c'est que l'édifice soit préservé dans son intégralité », insiste-t-elle.

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Julien Lacaze, président de l'association Sites et Monuments, compte profiter de cette instance de classement pour convaincre le maire de réaliser des « réparations d'urgence ». Il souhaite que des travaux soient exécutés pour « mettre le bâtiment hors d'air et hors d'eau avant le début de la saison des pluies », notamment par la mise en place d'un bâchage intégral du toit. L'ancien palais de justice, érigé dans les années 1830 dans un style néoclassique par l'architecte Esprit Lantoin, fait partie d'un « ensemble patrimonial unique » avec l'ex-gendarmerie et l'ancienne prison. L'association a donc demandé que ces deux autres bâtiments soient également conservés, ainsi que la place et sa fontaine. « Pour l'instant la priorité reste tout de même le palais de justice qui est dans un état de dégradation urgent », conclut Sandrine Rolengo.

Contacté à plusieurs reprises, le maire Didier Brémond n'a pas souhaité donner suite aux sollicitations.