Le film « Don't Look Back in Anger », consacré à la tournée de réunion d'Oasis en 2025, s'apprête à sortir sur Disney+, après une série de projections événementielles. Depuis le 5 septembre, les fans ont pu découvrir ce documentaire en avant-première mondiale à la Mostra de Venise, puis à Londres le 6 septembre. Ce mercredi 9, les salles IMAX ont pris le relais, avant une diffusion élargie dans un réseau de salles partenaires ce vendredi 11. Un plan marketing bien huilé, alors que les rumeurs d'une nouvelle tournée du groupe de rock s'intensifient. Le journal 20 Minutes a pu visionner le film en exclusivité.
Répétitions sous haute tension
Le film s'ouvre sur une période de doute. En mai 2025, six semaines de répétitions sont prévues pour préparer la tournée qui doit débuter le 4 juillet à Cardiff (Pays de Galles). Mais Liam Gallagher, éternel caractériel et lunatique, est aux abonnés absents. Noel attend. Les deux frères se sont-ils vraiment réconciliés ? Les premières minutes du film laissent planer le doute. Steven Knight et Dylan Southern, respectivement créateur et réalisateur, ont eu carte blanche pour filmer les préparatifs et la tournée Oasis Live '25, qui a célébré les retrouvailles sur scène du duo mythique. Au total, 41 dates, 17 villes et 14 pays ont été nécessaires pour ce come-back.
Le film revient également sur la brouille historique des deux frères, le 28 août 2009, lors d'une altercation backstage juste avant un concert au festival Rock en Seine, à Paris. Des images de l'annonce de l'annulation du concert sont exhumées : « Suite à une dispute dans les loges, le groupe ne jouera pas ce soir et le reste de la tournée européenne est annulé », avait annoncé le présentateur, sous les huées du public. Cette dispute a précipité la séparation immédiate d'Oasis, mettant fin à 16 ans de carrière commune. « Ça s'est fini de façon inacceptable », confie Liam dans le film.
Des retrouvailles sous le signe de l'émotion
Entre documentaire et film musical, « Don't Look Back in Anger » laisse longtemps planer le doute sur les relations entre les deux membres d'Oasis. On les entend tour à tour en voix off, racontant ces années d'absence. Liam, éternel révolté, reste le plus vindicatif : « je suis incapable de pardonner ». Noel, aujourd'hui barbu à la tignasse poivre et sel, doute au début du film : « je ne me vois pas remonter sur scène avec Liam ». Ambiance.
Aux répétitions, face à des musiciens pris en sandwich (dont Bonehead, le guitariste du line-up originel), les frères ennemis ne se parlent pas, ne se regardent pas. Liam arrive « vénère » et repart « vénère », comme le décrit Bonehead. Il ne se présentera pas au dernier filage la veille du premier concert à Cardiff, et n'arrivera que 20 minutes avant de monter sur la scène du Principality Stadium. Mais il commente aussi : « on a l'occasion de changer l'histoire du groupe et de réparer toutes ces conneries ».
Un engouement inattendu
Noel, effacé, stressé, le regard d'abord vide face aux 70 000 premiers privilégiés assistant à l'impossible come-back à Cardiff, n'y croyait visiblement pas ce premier soir : « les 40 premières minutes, je ne savais pas où j'étais, j'avais sous-estimé l'énormité de la chose ».
« La chose », c'est cet engouement sans faille, cet amour inoxydable pour le groupe dont les tubes planétaires ont gravé leurs sons dans les sillons des années 90. Les fans en parlent toujours les larmes aux yeux dans le film. « Les jeunes dans le public pleurent, nos chansons ont l'air de plus parler aux nouvelles générations qu'à la nôtre. Comment expliquer ça ? », s'étonne Noel Gallagher. Plus tard, à propos des jeunes : « Ils chantent nos chansons en chorale, c'était pas comme ça dans les années 90 ».
La couronne de la victoire
Manchester, Toronto, Los Angeles… face au public, les rebelles arrivent toujours en se tenant la main, symbole d'une hache de guerre visiblement bien enterrée, et font le show. Enchaînant les hymnes de toute une époque, l'imprévisible Liam se met en scène, flanqué de son inséparable tambourin sur le crâne, comme arborant la couronne de la victoire. « Si c'était moi qui faisais ça, j'aurais l'air d'un con. Lui c'est cool […], il est ce qu'il est et ça ne changera pas », confie Noel, comme dans l'ombre du frérot auquel il a visiblement tout pardonné. « J'avais oublié comme il est drôle », lâche Liam à son propos, alors que s'enchaînent à un rythme effréné les extraits des multiples dates de la tournée qui s'est achevée le 23 novembre 2025 à São Paulo, au Brésil.
Relatant avec force détails la renaissance inespérée d'Oasis, « Don't Look Back in Anger » est un film en immersion. Le film de la rédemption peut-être aussi, même si, on ne sait finalement pas lorsqu'arrive le générique de fin où en sont vraiment les Gallagher Bros. dans leurs relations. « Tout ce qui agaçait l'un chez l'autre s'est envolé […] on est comme libérés d'un poids […] maintenant on est en contact », entend-on. À prendre pour argent comptant.
Une suite possible
Mais « Don't Look Back in Anger » pourrait bien être aussi la première partie d'une suite espérée, attendue. Une tournée 2027 que Liam et Noel teasent sur les réseaux sociaux en multipliant les indices. Le 8 septembre, une courte vidéo tournée devant l'épicerie Au marché de la Butte à Montmartre, dans le 18e arrondissement, avec en arrière-plan un poster déchiré de Rock en Seine 2009, ne laisse que peu de doutes sur le fait qu'au moins une date parisienne devrait tomber.



