Feria de Béziers 2026 : Castella dévoile sa programmation ambitieuse
Feria 2026 : Castella promet une édition d'exception

Sébastien Castella, figure de la tauromachie et organisateur de la Feria de Béziers 2026, a présenté une programmation qu'il qualifie d'ambitieuse, avec des cartels de grande qualité et des réservations en légère hausse malgré un contexte économique difficile. Dans un entretien accordé à Midi Libre, il détaille les choix artistiques et les ambitions de cette édition.

Une programmation pensée pour les aficionados

Castella insiste sur sa philosophie : « Les aficionados méritent ce qu'il y a de mieux. » Il se met à la place du spectateur, qui attend une prestation justifiant son prix. La Feria est aussi un moment d'amitié et de partage en famille ou entre amis. Il donne le meilleur de lui-même parce qu'il doit tout au public, comme matador et aujourd'hui comme impresario.

La composition des cartels vise à proposer aux Biterrois le meilleur du monde taurin actuel. Castella reconnaît qu'il est difficile d'aligner sa feria idéale, en raison de facteurs extérieurs comme l'association des toreros avec les élevages. Il tenait cependant à intégrer des matadors locaux, même si certains n'ont pas encore tout à fait le statut pour figurer dans une arène de première catégorie comme Béziers.

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Des ingrédients pour garantir le succès

Le succès repose d'abord sur un gros travail d'anticipation : plus on intervient tôt pour sélectionner les toros au campo, plus on augmente ses chances d'obtenir un lot d'exception. Castella souligne que la tauromachie n'est pas une science exacte, mais que ce travail préalable réduit la marge d'erreur. Il faut ensuite un brin de chance au sorteo et que les planètes s'alignent.

Les toreros savent qu'ils doivent marquer les esprits à Béziers pour espérer revenir l'an prochain, qu'ils soient Français ou étrangers. C'est une exigence propre à la France, et Castella veut l'appliquer à Béziers.

Trois corridas de figuras et une clôture locale

La programmation aligne les plus grandes figuras sur les trois premières corridas, avec des combinaisons dignes des plus grandes Ferias françaises et espagnoles. La corrida de clôture avec les toros de Robert Margé s'inscrit dans l'histoire de Béziers : Carlos Olsina y a gracié Revilla en 2023, Christian Parejo est le triomphateur de la dernière Feria, et Juan Leal a souvent signé de grands succès avec ce fer.

Les trois premières dates proposent un mano a mano d'exception entre Lea Vicens et Diego Ventura (le n°1 du rejón), mais aussi Talavante (n°1 de l'escalafón et triomphateur à Madrid), David de Miranda (lauréat des deux dernières saisons à Séville) et Castella lui-même, sans oublier Roca Rey et Juan Ortega.

Des élevages primés et une touche artistique

Les élevages retenus incluent García Jiménez et El Parralejo, qui ont remporté les prix à la Maestranza. Pour la clôture, les toros de Margé s'imposaient en raison de leurs succès constants à Béziers et en France.

Olga Casado, pour la novillada, fera son unique paseo de la saison en France et accepte de se mesurer à deux autres novilleros, même si ses novillos ont été choisis au préalable. Castella assume ce choix avec Olivier Margé pour créer cinq grands événements et apporter une touche glamour.

L'association de la corrida à la peinture est un pari fort : « Les nouvelles générations recherchent une expérience globale et novatrice, au croisement des arts. » Cette année, Domingo Zapata, artiste de renommée internationale, est associé à Quentin Revilla, talent local, pour la corrida de clôture.

Côté billetterie, les réservations sont en légère hausse, un signal encourageant malgré les difficultés du secteur touristique et de l'événementiel liées au contexte économique et géopolitique. Castella se dit résolument optimiste au regard de la qualité de la programmation.

En tant que matador, Castella évoque un avant et un après la grande faena de Madrid lors de la dernière San Isidro. Il prend un plaisir énorme en piste et s'épanouit artistiquement dans un toreo empreint de sentiment. Il est convaincu que de grands moments l'attendent sur cette fin de saison.

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Interrogé sur les absences injustes dans le Sud-Ouest, à Séville ou Pampelune, il répond : « Je n'ai jamais aimé me plaindre dans les médias. La meilleure réponse se donne sur le sable. » Il est heureux car il délivre exactement le toreo qu'il a envie d'offrir.

Lors de la dernière édition biterroise, la pression s'est transformée en pur plaisir pour la première fois dans ses arènes. Il ne promet rien, mais met tout en œuvre pour être à la hauteur de la catégorie des arènes de Béziers et offrir un grand spectacle et un moment exceptionnel à son aficion.