Dans un entretien accordé au Monde, l'écrivain Salman Rushdie, victime d'une agression en août 2022, confie que la fiction lui a permis de se reconstruire. « Grâce à la fiction, je suis redevenu moi-même », déclare-t-il, évoquant le pouvoir thérapeutique de l'écriture.
Un retour à la vie par l'écriture
Rushdie, qui a perdu un œil et l'usage d'une main après l'attaque, affirme que le processus créatif l'a aidé à surmonter le traumatisme. « Écrire, c'est reprendre le contrôle de son histoire », explique-t-il. Son nouveau roman, La Cité de la victoire, explore les thèmes de la mémoire et de l'identité, mêlant fiction historique et réflexion personnelle.
Le rôle de la fiction dans la guérison
L'auteur des Versets sataniques insiste sur l'importance de l'imagination pour dépasser la réalité brutale. « La fiction n'est pas une échappatoire, mais un outil pour comprendre le monde et soi-même », souligne-t-il. Il ajoute que l'écriture lui a permis de renouer avec sa voix intérieure, après des mois de silence forcé.
Rushdie aborde également la question de la liberté d'expression, menacée selon lui par l'intolérance religieuse et politique. « Nous devons défendre le droit de raconter des histoires, même controversées », affirme-t-il. L'écrivain prépare actuellement un ouvrage sur son expérience de l'attaque, qu'il décrit comme un « témoignage sur la résilience ».
L'interview, publiée à l'occasion de la sortie de son nouveau livre, montre un Rushdie combatif, mais apaisé. « J'ai compris que la haine ne peut être vaincue que par la création », conclut-il.



