Danièle Thompson se souvient de son père Gérard Oury, disparu il y a 20 ans
Gérard Oury : sa fille Danièle Thompson se souvient

Le 19 juillet 2006, Gérard Oury s'éteignait dans sa villa de Saint-Tropez, à l'âge de 87 ans. Vingt ans plus tard, sa fille, la réalisatrice Danièle Thompson, qui a co-signé plusieurs de ses scénarios, se souvient d'un homme dont la vie a basculé en 1964 avec la sortie du Corniaud, suivie de La Grande Vadrouille.

Une vie transformée par le succès des années 60

« Toute mon enfance j'ai vu un homme avec des problèmes d'argent. Il était dépensier, joueur... Et puis sa vie a changé en 1964 quand sort Le Corniaud suivi de La Grande Vadrouille que j'ai aussi eu le bonheur de cosigner », témoigne Danièle Thompson. Ce succès lui a permis de réaliser son rêve : construire sa maison à Saint-Tropez, sur un terrain nu acheté à la fin des années 60.

Le choix de la station balnéaire revient à Michèle Morgan, qui y passait des vacances avec son petit garçon avant de rencontrer Gérard Oury. « Nous avons été de location en location avant qu'il ne réalise son rêve : cette maison toute blanche aux allures hollywoodiennes avec de grands espaces et peu de chambres », poursuit-elle.

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Une amitié indéfectible avec Louis de Funès

Dans les années 70, Louis de Funès, qualifié de « timide maladif », rendait visite à son ami réalisateur dans la villa Les Oliviers, située quartier de Capon, sur les hauteurs de Saint-Tropez. Il y est venu après son premier malaise cardiaque, alors que se préparait le tournage de La Folie des Grandeurs. Louis de Funès avait même offert à Gérard Oury un olivier en gage d'une amitié indéfectible. Le grand Lino Ventura ou Belmondo, avec qui il tourna L'As des As, y avaient également table ouverte.

La villa fut vendue en 2019, mais le souvenir demeure grâce à Danièle Thompson, dont le fils Christopher conserve la maison familiale voisine, L'Olive. « Il me manque tous les jours », confie-t-elle.

Des dernières années paisibles à Saint-Tropez

Durant ses dernières années, Gérard Oury, en provenance de sa demeure du XVIe arrondissement de Paris, se reposait dans le grand salon couleur de neige de sa villa tropézienne. Il aimait s'installer en bordure de son verdoyant terrain de 5 hectares, en dépit de sa cécité liée au diabète et de son état général très faible. Autour de lui, Michèle Morgan, avec qui il formait l'un des couples les plus solides du 7e art.

Bien que très discret à Saint-Tropez, il laisse le souvenir d'un être « fin, d'une gentillesse confondante et d'une grande culture », décrivent les locaux qui l'ont fréquenté jadis. Saint-Tropez reste également lié à une rencontre sur le tournage de son 17e film, Le Schpountz, avec Smaïn et Sabine Azéma en 1998. Ce fut le dernier avant le grignotage inexorable de son champ de vision par un funeste voile noir.

Une consécration sous la Coupole

Nommé en 2000 à l'Académie des Beaux-Arts, Gérard Oury arrivera sous la Coupole enveloppé dans la cape de Marcel Pagnol, symbole d'une admiration sans borne pour l'homme aux mille talents et à cette terre du sud qu'il chérissait tant. « Son entrée, au siège de René Clément, fut une consécration. Mais ce sont ses films dont je suis le plus fière. Mes petits enfants regardaient en boucle La Folie des grandeurs ou Les Aventures de Rabbi Jacob. À chaque fois, j'y retrouve une vitalité de mise en scène et une capacité d'invention admirables », conclut Danièle Thompson.

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