L'historien Christian Font, ancien chercheur associé à l'Institut du temps présent au CNRS de Paris, dédicacera ses trois derniers ouvrages le samedi 12 septembre, de 8 h 30 à 12 h 30, à la librairie Bastide. Docteur en histoire, il a enseigné au lycée de Saint-Affrique avant de devenir directeur du centre départemental de documentation pédagogique de l'Aveyron, puis directeur du centre régional de documentation pédagogique de Toulouse.
Une plongée dans le XIXe siècle aveyronnais
Après avoir publié une dizaine d'ouvrages, notamment sur l'histoire de l'Aveyron pendant la Seconde Guerre mondiale, Christian Font explore désormais le XIXe siècle. Son dernier livre, L'Aveyron et les Aveyronnais pendant le Second Empire, la guerre de 1870 et la Commune de Paris (384 pages, 25 €), publié à compte d'auteur et disponible dans toutes les librairies, étudie les transformations économiques, sociales et culturelles du département.
« C'est seulement sous le Second Empire que le département est parvenu à sortir du sous-développement pour entrer dans la modernité, explique Christian Font. L'essor industriel du bassin de Decazeville, l'expansion urbaine de Rodez et de Millau et la révolution des transports en sont des signes tangibles. Pour la plupart des Aveyronnais, l'alimentation devient plus riche et plus variée, les logements plus confortables. »
Une période de prospérité et de modernisation
Grâce à la généralisation de la vaccination, la terreur de l'épidémie disparaît. Avec les progrès de la médecine, la peur de la maladie s'éloigne et l'instruction est accessible à tous. « Quant à l'agriculture, avec près de 70 % de la population active, elle demeure le secteur dominant, ce qui n'implique ni surpeuplement ni paupérisme, indique l'auteur. Les campagnes de l'Aveyron traversent une période de prospérité, à tel point que, pour la caractériser, certains évoquent un âge d'or ! »
Quant à la Commune, les notables, conservateurs et ruraux de l'Aveyron l'ont regardée comme une expression de haine sociale et un complot contre l'ordre établi perpétré par les classes laborieuses, assimilées à des « classes dangereuses ».
Un attachement revendiqué au « petit pays »
Christian Font ne le dissimule pas, il « aime l'Aveyron et les Aveyronnais ». Il apprécie ce « petit pays qui a su, en quelques décennies, se dépêtrer de la misère et du sous-développement ». Et cela sans pollution, sans tapage et sans chichis, sans surpopulation, en gardant sa cellule de base de l'ostal et son intense religiosité.
« Inventifs, courageux, résilients, nos ancêtres ont été des gens épatants, conclut-il. Ils ont su créer un monde dans lequel la convivialité et l'art de vivre ont atteint des sommets. »
Deux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale
Christian Font propose aussi deux ouvrages coécrits avec l'historien Henri Moizet : L'Aveyron et les Aveyronnais pendant la Seconde Guerre mondiale (225 pages, 18 €) et Aveyron 44, une histoire de la Résistance en Aveyron (344 pages, 25 €). Ce dernier livre constitue la première grande synthèse historique sur le sujet. Il s'attache à retracer la chronologie de l'année 1944 marquée par les combats pour la Libération.
« Loin de l'hagiographie ou du jugement moral, l'ouvrage explore la complexité de l'opinion publique aveyronnaise, oscillant entre attentisme, ruptures politiques et engagements héroïques de centaines de résistants regroupés dans les 28 maquis qui quadrillent le département », résume Christian Font.



