Chantal Ladesou, 78 ans, montera sur la scène de Zinga Zanga à Béziers, samedi 17 octobre, pour y présenter son nouveau spectacle, Forever. L'humoriste, qui enchaîne les projets entre cinéma et scène, assure n'avoir rien perdu de son énergie ni de son franc-parler.
Une artiste hyperactive entre cinéma et scène
Interrogée par Midi Libre, Chantal Ladesou revient sur son rythme de travail soutenu. « Je suis hyperactive ! Il y a toujours de nouvelles choses à faire, de nouveaux projets. J'ai fait beaucoup d'avant-premières pour La maison de nos rêves (sorti en salles le 7 octobre), et maintenant je suis sur scène. Je suis contente, je ne m'ennuie jamais et j'adore mon métier », confie-t-elle.
Le titre de son spectacle, Forever, signifie « pour toujours » en anglais. L'artiste explique ce choix par la relation particulière qu'elle entretient avec son public : « Les gens me donnent tellement d'amour, c'est incroyable. Il y a quelque chose de très fort dans cette relation avec le public. Et puis, en échange, moi, je fais rire les gens. C'est un vrai bonheur. »
L'autodérision comme moteur créatif
Dans ce nouveau spectacle, Chantal Ladesou puise largement dans sa vie personnelle. « Il m'arrive toujours des choses incroyables. Je vis des situations qui me font rire et que j'ai envie de raconter. Je ne me prends pas au sérieux et je suis capable de rire de moi-même. Je crois que les gens apprécient mon autodérision », explique-t-elle.
Son mari constitue également une source d'inspiration : « Notre quotidien est tellement bizarre, tellement différent de celui des autres, que ça donne des histoires assez extraordinaires. »
« Je me reposerai quand je serai morte »
Interrogée sur sa présence rare pour une femme de sa génération dans l'humour et le divertissement, l'humoriste répond avec humour : « Vous pouvez dire "vieille femme", ne vous en faites pas ! Oui, je suis un ovni. Les jeunes humoristes aiment travailler avec moi et ça me ravit. J'ai gardé un côté très enfantin et une grande curiosité. »
Face aux conseils de ses amies lui suggérant de se reposer, elle rétorque : « Mais me reposer de quoi ? Je me reposerai quand je serai morte ! Faire rire, c'est ce qui me tient en forme. »
La scène, dernier espace de liberté
Pour Chantal Ladesou, la scène demeure un espace privilégié d'expression. « Sur scène, on peut tout dire. C'est le dernier endroit où l'on peut se sentir libre, où personne ne vient vous censurer. C'est éphémère, c'est dans l'instant, il y a le public devant vous. C'est quelque chose de vivant », affirme-t-elle.
Quant aux réseaux sociaux, elle se montre prudente : « Je ne publie pas énormément d'extraits de mes spectacles. Une phrase sortie de son contexte peut vous tuer. Dans un sketch, il y a ce qui a été dit avant, ce qui vient après, toute une histoire. Si vous ne gardez qu'une phrase, vous pouvez lui faire dire autre chose. Il m'arrive de dire des choses horribles. Mais il faut voir dans quel contexte elles sont racontées. »
Un public universel, mais une préférence pour le Nord
Interrogée sur le public biterrois, réputé pour son caractère, l'humoriste se dit impatiente de le retrouver. « Les gens qui viennent me voir me connaissent, ils savent à quoi s'attendre avec cette femme un peu déjantée. Je pense que je suis tout public et toutes régions parce que je suis devenue un peu universelle », déclare-t-elle.
Elle ajoute, non sans humour : « J'ai hâte de retrouver le public biterrois, mais je dois l'avouer, je suis désolée… Le meilleur public reste celui du Nord, ma région d'origine. »