« Bourgeois gaze » : l'angle mort du cinéma français décrypté
« Bourgeois gaze » : l'angle mort du cinéma français

Dans son podcast « Le Point Culture », Marie Sorbier reçoit Rob Grams pour explorer le concept de « bourgeois gaze », un regard social dominant qui imprègne le cinéma français. Ce biais, selon le journaliste, influence les récits et invisibilise une partie de la société.

Une anecdote révélatrice

Pour son film « La Tête haute », Emmanuelle Bercot a longtemps cherché un jeune issu d’un milieu populaire capable d’incarner naturellement la violence de son personnage principal. En vain. C’est finalement Rod Paradot, lycéen au caractère plutôt doux, qui a été choisi. Pour Rob Grams, cette anecdote illustre parfaitement le « bourgeois gaze », concept qui désigne la manière dont le monde est perçu à travers le regard de la bourgeoisie, offrant souvent des représentations stéréotypées des classes populaires.

Des chiffres qui parlent

Auteur d’un essai sur le sujet (« Bourgeois Gaze », Les Liens qui Libèrent, 2026), Rob Grams explore la puissance de ce biais dans le cinéma français : 70 % des réalisateurs seraient issus des classes supérieures. Résultat : 75 % des personnages à l’écran appartiennent à ces mêmes catégories. Il explique cette situation par la concentration des écoles à Paris, l’entre-soi et le népotisme.

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Comment en sortir ?

Interrogé par Marie Sorbier, Rob Grams répond : par le conflit social. Selon lui, c’est le conflit qui a toujours fait bouger le cinéma. Un podcast passionnant à écouter sur France Culture.

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