Alors que le feu ravage les communes de Pontevès, Monfort, Le Val et Correns, le collège de Carcès est devenu un véritable camp de base pour les pompiers. Sans qu'on le lui demande, la principale a ouvert l'établissement pour accueillir les renforts venus de l'Ain, du Rhône et de Savoie. Quelque 70 pompiers y trouvent repos, réconfort et repas, grâce à une mobilisation exceptionnelle de l'équipe éducative et de parents d'élèves.
Une décision spontanée de la principale
Patricia Guillemard, principale du collège Geneviève-De Gaulle-Anthonioz, a assisté depuis son appartement de fonction à l'arrivée des pompiers. Le poste de commandement s'est installé sur le parking de l'établissement lorsque les reprises de flammes ont menacé les communes voisines. « Cela m'a semblé naturel d'ouvrir le collège pour que les pompiers accèdent aux sanitaires, puissent avoir de l'eau, de l'électricité et un endroit où se reposer », explique-t-elle.
L'établissement, construit il y a dix ans, accueille d'habitude 500 élèves de la sixième à la troisième. En été, il est fermé, mais cette année, il sert de base arrière. Les salles de classe sont transformées en chambres, la laverie et la cuisine sont mises à disposition. « Chacun dort où il veut », précise la principale, en montrant les lits picot installés dans la salle de musique, la régie climatisée de l'auditorium ou sous le préau.
Une organisation solidaire
Dans la cour arrière, entre la cuisine et le terrain de sport, un véritable petit village s'est organisé. Les pompiers y croisent des bénévoles, des habitants venus faire des dons : riz, conserves, fruits, eau, produits d'hygiène. Les repas sont préparés sur place : « On fait 350 repas le midi, 400 le soir », précise une bénévole. Une maman d'élève, conseillère municipale, prépare des plats toute la nuit, aidée de sa fille.
La bonne humeur règne malgré le drame. Les pompiers, venus de l'Ain, de Savoie et du Rhône, apprécient cet accueil. « On n'a jamais aussi bien mangé de toute notre vie dans un établissement scolaire », confie un pompier. La principale, qui doit quitter l'établissement pour Garéoult à la rentrée, continue de superviser l'organisation tout en faisant ses cartons. « Je vais un peu avancer mes cartons et je reviens », lance-t-elle.
Une leçon de solidarité
Cette mobilisation montre que la solidarité n'a pas besoin de cours. L'équipe du collège, aidée de parents et d'habitants, a su répondre présent dans l'urgence. Les pompiers, qui luttent contre le feu de Correns, peuvent compter sur ce soutien précieux. Une belle leçon de vie, qui restera dans les mémoires.



