Le film « Digger », réalisé par Alejandro González Iñárritu, sort sur les écrans ce mercredi 30 septembre. Tom Cruise y incarne un magnat arrogant dans une satire corrosive des puissants, mêlant fin du monde et folie théâtrale. Le long-métrage, d'une durée de 2h09, a obtenu la note de 4/5 de la part de notre rédaction.
Un scénario apocalyptique et théâtral
L'histoire suit Dugger Rockwell, interprété par Tom Cruise, présenté comme l'homme le plus puissant au monde. Ce personnage se lance dans une mission effrénée pour se poser en sauveur de l'humanité, alors que la catastrophe qu'il a lui-même provoquée menace d'anéantir la planète. Le récit prend une tournure singulière : il s'agit en réalité d'une pièce de théâtre à gros budget, dont le spectateur assiste aux dernières répétitions.
Cette structure rappelle le film « Birdman » du même réalisateur, bien que « Digger » n'en reprenne pas le plan-séquence intégral. En revanche, l'aspect théâtral est pleinement exploité, avec des tableaux filmés en très grand angle, une signature visuelle du cinéaste mexicain. Le plateau devient ainsi le lieu de la satire et de la farce, offrant une originalité débordante, même si la surenchère guette parfois.
Une caricature des puissants
Tom Cruise, cheveux gris, ventre bedonnant, chapeau de cow-boy et cravate bolo, incarne un comédien chargé de jouer Digger Rockwell, un homme d'affaires égocentrique. Ce personnage s'impose comme une caricature des puissants qui dominent le monde contemporain. Le film met en scène ses interactions avec un président américain, joué par John Goodman, qui déclare que « le destin de l'humanité est lié à son cancer du fion », ainsi que ses joutes avec un scientifique trop honnête, interprété par Riz Ahmed.
Le discours sur le capitalisme est directement abordé lors d'un speech éblouissant devant une assemblée. Digger y assume ses responsabilités, tout en précisant que tous les présents dans l'assistance sont également coupables par leur mode de vie. Cette scène illustre la portée politique du film, qui se veut résolument libre dans son approche, son ton, sa forme et ses partis pris.
Un anti-blockbuster drôle et cruel
« Digger » se présente comme un véritable ovni cinéphilique, à la fois drôle et cruel. Cet anti-blockbuster, coproduit par les États-Unis, le Mexique et la Grande-Bretagne, réunit également Sandra Hüller au casting. Le film marque une nouvelle collaboration entre Tom Cruise et un réalisateur à l'identité marquée, après ses travaux avec Stanley Kubrick (« Eyes Wide Shut »), Paul Thomas Anderson (« Magnolia ») ou Martin Scorsese (« La Couleur de l'argent ») dans les années 1980 et 1990.
La critique souligne que voir Tom Cruise jouer avec sa propre image dans ce délirium imaginé par Iñárritu est une source de réjouissance. Le film, classé dans la catégorie comédie, offre une variation succulente sur la domination et l'égo, tout en conservant une dimension tragique. La sortie en salles est prévue pour ce mercredi, avec une durée de 2h09 et une note de 4/5 attribuée par notre rédaction.