Procès Ménard : le maire de Béziers jugé pour refus de mariage
Procès Ménard : le maire jugé pour refus de mariage

Ce mercredi 30 septembre 2026, Robert Ménard, maire de Béziers, comparaît devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Il est poursuivi pour avoir refusé, en juillet 2023, de célébrer le mariage d'Eva Marty, une Biterroise, et de Mustapha Belkacemi, un Algérien alors en situation irrégulière et visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le maire encourt jusqu'à cinq ans de prison, une amende de 75 000 euros et une peine d'inéligibilité.

Les faits et la procédure

Le refus de mariage remonte au 7 juillet 2023, à l'hôtel de ville de Béziers. Robert Ménard avait alors décidé de ne pas unir le couple, invoquant la situation administrative de Mustapha Belkacemi. Depuis, les deux époux se sont mariés le 14 juillet 2026 à Bir El Djir, près d'Oran, en Algérie. Cette information devrait être évoquée lors de l'audience de ce jour.

La ligne de défense du maire

Me Sylvain Fournier, avocat de Robert Ménard, a détaillé sa stratégie. Il affirme que « la liberté du mariage est bien constitutionnellement protégée, mais qu'elle n'est pas absolue : le mariage reste soumis à un ensemble de conditions légales tenant notamment au consentement, à la capacité des époux, à l'absence d'empêchement et aux règles de compétence de l'officier d'état civil ». Il ajoute : « La question n'est donc pas de savoir si Robert Ménard dispose d'une immunité particulière en tant que maire, il n'en dispose pas. La question est de savoir si l'article 432-1 du Code pénal est juridiquement applicable aux faits qui lui sont reprochés. »

La position de l'avocate du couple

Me Vanessa Edberg, avocate d'Eva Marty et Mustapha Belkacemi, a révélé l'existence d'un enregistrement vidéo d'un échange entre Robert Ménard et Eva. Selon elle, « Robert Ménard ne savait pas, selon les éléments dont nous disposons, que cette conversation était enregistrée. Il explique à Eva, en substance, qu'il sait qu'il ne s'agit pas d'un mariage blanc mais que, politiquement, il ne peut pas la marier ». Me Edberg insiste : « Le procureur n'a pas fait opposition au mariage. Il n'a pas davantage décidé de surseoir à sa célébration. À partir de là, Robert Ménard n'avait pas un droit de veto personnel. Il devait célébrer le mariage. »

Un procès sous haute tension

L'audience se tient dans un contexte médiatique chargé. Malgré l'épisode méditerranéen qui touche le Gard et l'Hérault, une forte affluence est attendue au tribunal correctionnel de Montpellier, notamment de la part des journalistes. Les enjeux dépassent le cas individuel : la carrière politique du maire de Béziers, la vie privée des mariés et le débat national sur l'immigration sont au cœur des débats. Trois témoins cités à comparaître pour Robert Ménard sont également attendus. Le jugement devrait avoir des conséquences directes sur la position de l'élu, qui pourrait perdre sa mairie en cas de condamnation.