Franck Mei veut redynamiser le Musée d'art de Toulon
Franck Mei veut redynamiser le Musée d'art de Toulon

Franck Mei, conservateur en chef des musées de Toulon depuis la fin de l'hiver, affiche ses ambitions pour le Musée d'art (MAT) : dynamiser l'institution, qui compte 5 000 œuvres, et préparer une exposition consacrée à Jean Cocteau pour l'été 2027. Après un week-end chargé par les Journées du patrimoine, il dresse un premier bilan et détaille ses priorités, notamment la rédaction d'un nouveau programme scientifique et culturel.

Une prise de poste marquée par l'exposition Man Ray

Franck Mei a été plongé dans le grand bain rapidement. « Il a fallu monter la grande exposition de l'été consacrée à Man Ray en seulement trois mois contre dix d'habitude ! L'équipe a été particulièrement efficace. Et les retours sont très positifs », souligne-t-il. Cette exposition, visible jusqu'au 31 octobre au 113 boulevard Leclerc, avec des tarifs entre 4 et 7 euros, a mobilisé l'équipe du musée.

Le conservateur doit désormais gérer un programme chargé : « Entre le MAT, le Musée des arts asiatiques et le Musée Jean-Aicard, ce sont neuf expositions qui sont organisées chaque année. » En amont, le travail administratif est conséquent. « Il faut gérer le transport qui est très contraignant mais aussi les assurances… » Vient ensuite le temps de l'accrochage et de la scénographie. « Que fait-on de ses œuvres ? Que veut-on en présenter ? Sont autant de questions qu'on se pose au quotidien », assure-t-il.

Trois projets d'expositions à venir

Sur son bureau, trois dossiers tiennent une grande place. Le premier concerne une exposition sur des tambourins peints. « C'était une tradition très populaire à la Belle Époque en Europe. On se les offrait. Ce sont aussi bien des paysages, que des caricatures ou des portraits. Certains ont été réalisés par de grands peintres. Le résultat est étonnant. »

Le deuxième projet porte sur une mise en valeur d'œuvres autour du thème « paysages sensibles ». « On montrera à la fois les paysages modifiés par l'homme, ceux qui font office de mémoire et enfin les lieux où l'homme s'y intègre avec harmonie. »

Mais c'est sans conteste l'exposition de l'été 2027 qui requiert le plus d'attention. Elle sera consacrée à Jean Cocteau. « Comme Man Ray, c'est un artiste hétéroclite, un touche-à-tout. Pour moi, la création, c'est l'énergie qui déborde. L'humain transparaît alors dans toute sa splendeur », explique Franck Mei, qui en rêvait depuis longtemps.

Un parcours atypique et un nouveau projet pour le MAT

Cet enfant de La Seyne, qui avoue un penchant pour l'art moderne, a un parcours singulier. « J'ai une maîtrise en droit public. Je m'y ennuyais. Et comme j'ai toujours aimé l'art et la lecture, j'ai passé des concours administratifs et je suis devenu conservateur de bibliothèque. » Il a fait ses premiers pas dans le Nord, puis le Sud-Ouest, avant de diriger des médiathèques à Salon-de-Provence, puis à Hyères, avant de prendre la tête du musée de la Banque, où il a commencé son expérience muséale.

Aujourd'hui, il souhaite dynamiser le MAT, labellisé Musée de France, dont le fond est riche de 5 000 œuvres, dont certaines signées Fragonard, David, Buren ou encore César. Il est en pleine réflexion sur le nouveau programme scientifique et culturel, qui s'occupe de la politique d'acquisition et des futures orientations des établissements. « Nous souhaiterions rafraîchir l'ensemble des musées. Au MAT, par exemple, il pourrait s'agir de faire de nouveaux aménagements, d'agrandir la boutique… Multiplier les actions culturelles aussi. On pourrait imaginer inviter d'autres formes artistiques ici comme des concerts par exemple. » Une formule déjà testée lors des Journées du patrimoine et qui semble avoir séduit le public.