Du vendredi 7 au dimanche 9 août, la place du Marché aux raisins de Villeveyrac se transforme en écrin polynésien. Organisé par l’association Sportive et culturelle de Wallis et Futuna, en partenariat avec la commune, ce premier festival promet trois jours d’immersion dans les cultures du Pacifique. Au menu : démonstrations de danses traditionnelles, stands de tatouage et rencontres avec des rugbymen et rugbywomen professionnels.
Un week-end entre traditions et découvertes
Les visiteurs pourront s’initier au Haka, le célèbre chant guerrier, mais aussi découvrir le Soamako, la danse traditionnelle de Wallis et Futuna. Les papilles seront également à la fête avec la dégustation de salade tahitienne. Pour les plus audacieux, des tatoueurs perpétuent l’art ancestral en utilisant des dents de requin et un maillet, tandis qu’une dizaine d’artisans manient plus classiquement l’aiguille. Parmi eux, Nicolas Hikutini, Tahitien-marquisien de 48 ans, tatoueur depuis une dizaine d’années, explique : « Ce sont nos écritures. Chaque symbole représente la vie de chacun, son histoire. Chaque tribu a sa marque de tatouage. »
Le rugby, une autre passion polynésienne
Les îles du Pacifique sont de véritables terres de rugby. Samedi en fin d’après-midi, des stars du ballon ovale sont attendues pour une séance de photos et de dédicaces. Si tous les noms de l’affiche ne sont pas encore confirmés, la rumeur évoque la présence de Manae Feleu, capitaine de l’équipe de France féminine de rugby, originaire de Futuna. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté de l’organisateur, Chanel Vanipo, de créer des ponts entre la Polynésie et le bassin de Thau.
Chanel Vanipo, un initiateur passionné
Chanel Vanipo, habitant de Balaruc-les-Bains âgé de 58 ans et originaire de Wallis-et-Futuna, est à l’origine de ce projet. « Je veux créer du lien avec tout le monde. Nos traditions sont une fierté. Quand tu nais sur l’île, tu vois les anciens danser, tu es bercé par la danse et les chants », confie-t-il. Au-delà du partage culturel, il espère trouver des partenaires pour un futur centre de formation destiné aux jeunes Polynésiens arrivant en France pour jouer au rugby. Lui-même a vécu ce choc à 16 ans en débarquant en Écosse : « Quand tu grandis sur une île de 35 km² et que tu débarques dans une métropole, loin de tes parents, c’est un choc. Les jeunes sont déracinés. »
Une grande famille polynésienne
Le festival vise aussi à rassembler la communauté polynésienne dispersée en France. Chanel Vanipo fait venir des participants des îles Fidji, Tonga, Samoa, Marquises, de Tahiti… Chaque île a sa spécificité, mais toutes partagent une identité commune. « On est chacun dispatché sur nos îles, mais nous sommes de la même famille. Quand on se retrouve aussi loin de chez nous, c’est une fierté de se retrouver entre Polynésiens. Parfois, on ne se connaît même pas, mais on est frères », souligne-t-il.
Un programme riche et varié
Vendredi 7 août, le festival ouvre ses portes à 10 h avec l’installation des stands. La journée se poursuit jusqu’au spectacle des Villamandesas, la troupe de danse locale, à 19 h. Samedi 8 août, une messe polynésienne avec chants traditionnels est prévue à 9 h. L’après-midi sera marquée par la rencontre avec les joueurs professionnels. À 18 h 30, l’ouverture officielle en présence des élus précédera une nouvelle démonstration des Villamandesas. À 20 h, place à la « grande soirée polynésienne » avec un repas traditionnel (entrée, plat, dessert à 30 € par adulte, 10 € pour les moins de 12 ans) suivi d’une soirée dansante. Dimanche 9 août, les animations se poursuivent toute la journée jusqu’à la clôture à 20 h.
Un phénomène national
Ce festival s’inscrit dans une dynamique plus large : une dizaine de festivals polynésiens sont organisés en France au mois d’août, notamment à Castelnaudary (Aude), Épinal (Vosges) ou Meucon (Morbihan). Villeveyrac devient ainsi la première ville du bassin de Thau à accueillir un tel événement, grâce à l’engagement de Chanel Vanipo et de l’association Sportive et culturelle de Wallis et Futuna. Les commerçants locaux seront également de la partie : six stands, de l’ostréiculteur au fromager, permettront de découvrir les produits du terroir.



