Fluffy Bidule éliminée de Drag Race France : elle se confie
Fluffy Bidule éliminée de Drag Race France : confidences

Fluffy Bidule, l'une des favorites du public de « Drag Race France », a été éliminée lors de l'épisode 5, mis en ligne jeudi sur France.tv. Face à La Harpie, l'artiste bordelaise de 27 ans a dû quitter l'aventure après avoir performé sur la chanson « Rage » d'Ebony. Pourtant, elle confie à 20 Minutes avoir vécu son départ sans colère, bien au contraire. Elle se dit heureuse de l'amour qu'elle reçoit depuis la diffusion et fière d'avoir été une représentation pour les femmes trans, dont beaucoup se reconnaissent dans son parcours.

Un départ vécu comme un soulagement

Interrogée sur ses sentiments au moment du tournage, Fluffy Bidule explique : « Je pensais que je ressentirais de la tristesse et de la déception mais, en fait, j'ai éprouvé une sorte de soulagement. Non pas parce que j'avais envie de partir, mais parce que ce n'était plus entre mes mains. » Elle ajoute être heureuse d'être restée un certain moment, de s'être fait des amies et d'avoir réussi, sur ce dernier épisode, à s'ouvrir. « J'aurais été vraiment déçue de ne pas parvenir à être à l'aise et à éclore », précise-t-elle.

L'amour du public et la représentation trans

Sur les réseaux sociaux, Fluffy Bidule reçoit « énormément de messages bienveillants et d'amour ». Certains proviennent de personnes trans qui se sont reconnues dans son vécu. « Ça me fait beaucoup de bien », confie-t-elle. Elle souligne que le fait d'avoir été authentique et vulnérable a touché de nombreuses personnes : « Il y a plein de personnes qui ne se sont pas senties seules à ce moment-là. »

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Ce qu'elle a appris sur elle-même

La candidate révèle avoir appris plusieurs choses durant l'aventure, avec humour : « Qu'il ne faut pas mettre de petites bandes plastiques pour tenir les talons parce que ça se voit à l'écran. Je regrette. » Plus sérieusement, elle a découvert qu'elle pouvait être fière de ce qu'elle faisait, de sa façon de s'exprimer et de qui elle était. « En le voyant à l'écran, en m'extrayant de la situation, j'ai vu des choses quand même très différentes de comment moi je me perçois quotidiennement, donc c'était très agréable. Ça m'a appris à être un peu plus bienveillante envers moi », ajoute-t-elle.

La peur du jugement et l'appel à la bienveillance

Entre la fin du tournage et la diffusion, Fluffy Bidule a redouté la réception du public. Elle craignait notamment d'être jugée lorsqu'elle parle de la fierté dans le premier épisode. « J'avais peur qu'on me trouve ridicule, qu'on me juge. Au final, j'ai reçu beaucoup d'amour », dit-elle. Elle souhaite que cet amour soit étendu à toutes les autres queens : « Il vaut mieux amplifier l'amour qu'on donne aux queens et ne pas envoyer de la haine parce qu'on a toutes des vies compliquées. »

Le harcèlement en ligne et l'appel d'Endemol

Endemol a récemment publié un communiqué pour inciter le public à la retenue et à cesser de harceler les candidates en ligne. Fluffy Bidule commente : « Piche et La Big Bertha en avaient parlé dans le “All Stars” l'an passé. Ce genre de choses a un impact. Il faut faire gaffe parce que c'est quelques personnes contre des milliers, voire des millions de téléspectateurs. » Elle insiste sur l'importance de garder un sens critique, mais préfère encourager l'amour plutôt que la haine : « Envoyez l'amour que vous avez plutôt que de la haine, surtout si ce n'est pas constructif. »

Un look politique et engagé

Parmi ses looks remarqués, son interprétation de « L'ange du foyer » de Max Ernst, une toile de 1937 métaphore de la montée du fascisme, a été acclamée lors du défilé sur le thème « La nuit au musée ». Interrogée sur cette fierté, elle répond : « Je ne sais pas si c'est une fierté mais c'est un look qui était important pour moi et qui représente une sensation assez commune… Je suis amie avec plein de femmes trans et on ressent quand même cette atmosphère depuis quelques années, qui est très lourde et qui ne sent pas bon… Donc je suis fière d'avoir pu représenter ça, c'était surtout important et d'utilité publique. »

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Une réponse à la critique d'apolitisme

Ce choix esthétique répond à la critique récurrente d'une partie du public queer qui reproche à l'émission de ne pas être assez politique. Fluffy Bidule rétorque : « L'émission met en avant des personnes queers qui ont donc une plateforme où elles peuvent parler et être politique si elles le souhaitent. Je suis d'accord sur le fait qu'il faut essayer de se politiser. Je ne peux pas sortir un look comme ça et clamer qu'il faut être apolitique. “Drag Race”, peu importe ce qu'on en pense, donne des outils pour que des personnes apportent leur vision du monde. »

Des projets d'avenir

Fort de cette exposition, Fluffy Bidule se réjouit des portes que pourrait lui ouvrir sa participation. Elle aimerait « explorer d'autres choses, que ce soit la musique ou le cinéma ». Elle s'imagine volontiers dans un rôle de femme « un peu sulfureuse et un peu calme », à l'image de Fanny Ardant dans « 8 Femmes » de François Ozon. Une nouvelle carrière semble s'ouvrir pour elle, au-delà de la scène drag.