Urgences d'Orléans : une octogénaire dénonce six jours sur un brancard
Urgences d'Orléans : six jours sur un brancard pour une octogénaire

Nino-Anne Dupieux, 85 ans, ancienne conseillère municipale d'Orléans (Loiret) de 1995 à 2008, a vécu un véritable « enfer » lors de son passage aux urgences de l'hôpital de la ville en juillet 2026. Admise pour une hémorragie, elle a passé six jours et cinq nuits sur un brancard dans un couloir, faute de chambre disponible. Dans un communiqué relayé par ici Orléans, elle raconte son calvaire et dénonce un système hospitalier en crise.

Un séjour éprouvant aux urgences

« Tous les jours, le personnel espérait me trouver une chambre, a témoigné l'ancienne enseignante. Et dans cet énorme hôpital, il n'y avait pas une chambre pour une vieille dame comme moi. » La retraitée a finalement signé une décharge pour quitter l'établissement contre avis médical, après avoir passé près d'une semaine dans des conditions indignes.

« Si je peux me faire l'avocate de tous ceux qui ont vécu la même chose, mais qui n'osent pas parler, je le ferai », a assuré Nino-Anne Dupieux, déterminée à briser le silence sur la situation des urgences. Son témoignage met en lumière les difficultés rencontrées par les patients, en particulier les plus âgés, dans un contexte de saturation des hôpitaux.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un hommage appuyé au personnel soignant

Malgré cette expérience traumatisante, l'octogénaire a tenu à saluer le dévouement des soignants de l'établissement, qu'elle a qualifiés d'« anges » et de « gens extraordinairement humains, gentils, professionnels, attentifs : du brancardier au médecin, en passant par les internes, les infirmières ». Un hommage d'autant plus notable que ces équipes travaillent dans des conditions difficiles.

Pour Dorine Lemasson, syndicaliste CGT, « la situation est catastrophique dans tous les services ». Ce constat alarmant est partagé par de nombreux professionnels de santé qui alertent régulièrement sur la dégradation des conditions de travail et la pénurie de moyens.

La direction du CHU réagit et annonce des mesures

Face à cette polémique, la direction du CHU d'Orléans a réagi en mettant en avant un projet de réouverture de 42 lits entre septembre et novembre 2026, soit « une augmentation de 6,1 % de la capacité en lits par rapport à 2025 ». Les responsables de l'établissement ont également reconnu l'existence de « tensions sur les capacités d'hospitalisation en aval des urgences » et ont annoncé des recrutements de personnel.

Ces annonces, si elles vont dans le bon sens, ne suffisent pas à rassurer les syndicats et les patients. Le témoignage de Nino-Anne Dupieux illustre les conséquences concrètes de la saturation des urgences sur les personnes les plus vulnérables, et soulève la question de la prise en charge des personnes âgées à l'hôpital.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale