Léon XIV nuance le caractère systémique des abus dans l'Église
Léon XIV nuance le caractère systémique des abus

Le pape Léon XIV a estimé lundi que certaines organisations au sein de l'Église catholique avaient « parfois (...) commis des abus de manière systématique », nuançant les propos rapportés la veille par des victimes de violences sexuelles commises par des membres du clergé en France. Cette déclaration a été faite aux journalistes dans l'avion qui le ramenait en Italie après un voyage de quatre jours en France.

Une rencontre à Lourdes suivie de précisions

Plusieurs de ces victimes « ont évoqué des abus systémiques », a déclaré le pape. « Personnellement, je préfère l'exprimer autrement, même si j'ai effectivement parlé de certaines organisations au sein de l'Église qui, parfois, si l'on peut dire, ont commis des abus en tant que système », a nuancé Léon XIV.

Le pape a rencontré dimanche à Lourdes sept victimes françaises de violences sexuelles dans l'Église, consacrant à chacune un tête-à-tête d'une quinzaine de minutes suivi d'un temps collectif. Selon cinq de ces victimes, Léon XIV a fait preuve lors de cette rencontre à huis clos d'une « prise de conscience majeure » et a reconnu le caractère « systémique » de ces violences sexuelles, un terme qui renvoie à la responsabilité de l'institution elle-même dans ces abus, par opposition à une succession de cas isolés.

Un témoignage de victime

« De son point de vue les agresseurs sont des individus, mais ce qui permet que ça continue est la dimension systémique dans l'institution qui a existé et qui existe encore », a témoigné dimanche Jérôme Guillement, victime de violences sexuelles de la part d'un prêtre lorsqu'il était adolescent.

Lundi, le pape a estimé que les violences sexuelles au sein de l'Église signifiaient également que « la vie de foi des personnes est profondément blessée, parfois même détruite ». « C'est en ces termes que je leur ai parlé de la manière dont l'Église a pu, à certains égards, être considérée comme responsable, mais aussi du rôle important qu'elle peut, je crois, jouer pour les aider à trouver la guérison », a complété le pape.

Le contexte français et les suites

Le sujet des violences sexuelles reste brûlant pour l'Église de France, cinq ans après un rapport choc de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase) qui avait estimé à 330.000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950. Après ces révélations qui avaient mis au jour l'ampleur systémique des violences au sein de l'institution, l'épiscopat français avait lancé deux instances d'écoute et de réparation.