Le Miam de Sète publie l'abécédaire de ses collections
Le Miam de Sète publie l'abécédaire de ses collections

Le Musée International des Arts Modestes (Miam) de Sète, fondé par Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, publie un abécédaire de ses collections, accumulées depuis 26 ans. Une soirée événement est prévue le 12 novembre pour célébrer cette initiative.

Un inventaire de 26 ans de collections

C'est un inventaire autant qu'un travail de mémoire. Au moment où le Miam renforce la diffusion de ses collections, le temple de l'art modeste fondé en 2000 par Hervé Di Rosa et Bernard Belluc a sorti ces dernières semaines Les collections du Musée International des Arts Modestes. Une compilation, sous forme d'abécédaire, qui répertorie l'ensemble des pièces accumulées et conservées par le Musée depuis vingt-six ans.

Cette richesse folle, à la valeur inestimable, est conservée précieusement dans les réserves du Miam. Il faut imaginer une caverne d'Ali Baba, où cohabitent des œuvres et objets façon cabinet des curiosités. Plusieurs milliers d'articles numérotés – on parle de 5 000 à 7 000 pièces, peut-être plus – témoignent de l'esprit éperdument fécond des arts modestes si chers à Hervé Di Rosa.

Un catalogue pour montrer les collections hors les murs

« Cela représente une somme énorme d'objets, confirme l'artiste sétois. Il y a quelques années, on s'est décidé à faire l'inventaire de toutes les pièces accumulées depuis les débuts. On s'est dit qu'il fallait en faire un catalogue, pour montrer ces collections à l'extérieur du musée, comme nous on ne fait qu'une expo par an. Il a fallu un an ou deux pour organiser tout ça autour d'un livre. »

Ces dernières années, le Miam n'a pas attendu que ses collections prennent la poussière. On a vu ses œuvres voyager hors les murs, au MAAT (Musée d'art, architecture et technologie) à Lisbonne, sous les voûtes de l'église des Célestins à Avignon, ou encore dans le prestigieux château des Ravalet à Cherbourg.

« Mais à un moment, tu ne peux pas avoir de collections sans inventaire, cadre Hervé Di Rosa, qui vit aujourd'hui entre Sète, Paris et Lisbonne. En 26 ans, on a eu tellement de dons, d'artistes importants, d'œuvres produites… On se retrouve avec une collection très importante et très particulière. Il fallait vraiment en faire un truc. »

Une nouvelle exposition et un projet de grande salle

À partir d'avril 2027, le Miam accueillera une exposition consacrée à « l'abstraction modeste ». Marjolaine Lévy, historienne de l'art auteure de nombreux essais et catalogues d'exposition, en sera la commissaire. L'exposition sera visible durant près d'un an, jusqu'en février 2028.

S'il a perdu l'espoir d'un « Grand Miam », Hervé Di Rosa rappelle aussi le projet de grande salle au Chai des Moulins, pour y accueillir des expositions hors normes du Miam. Un projet qui pourrait aboutir, selon lui, à l'été 2028. « Nous venons également de recevoir un label de la part du Centre Pompidou », se félicite l'artiste, sans entrer dans le détail pour l'heure.

Hervé Di Rosa sort également, le 4 novembre, Hervé Di Rosa – Classic, aux éditions Caurette. Une œuvre qui réunit pour la première fois toutes ses bandes dessinées inédites (Di Rosa Magazine, Charlie Hebdo, Libération, Pif Gadget…) et parfois non parues, au sein d'archives personnelles… « Qui les aurait publiées ? ! », interroge aujourd'hui Hervé Di Rosa, avec le sourire. Parfois plus de quarante ans plus tard, c'est chose faite.

Le Miam, musée des collectionneurs

Peinture, sculpture, dessin, céramique, tapisserie… Les collections du Musée International des Arts Modestes témoignent aussi de la confiance accordée au Miam au fil des années. « Un nombre incalculable d'artistes ont choisi Sète pour faire don de leur œuvre, se félicite Hervé Di Rosa, dont la grande rétrospective Mirages du monde est toujours visible au Centre d'art contemporain La Malmaison, à Cannes, jusqu'au 8 novembre. J'ai eu la confiance d'artistes qui ont donné de grosses pièces au Miam. Et puis, il y a la confiance des collectionneurs, comme celui-ci qui m'a donné des boules à neige pendant des décennies… Ce livre est animé par l'esprit des gens qui ont collectionné toute leur vie, cet art modeste dans lequel tant d'artistes trouvent leur influence. Le Miam, c'est le musée des collectionneurs. »

Pour marquer le coup, Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, les deux cofondateurs, organisent une soirée événement le 12 novembre, avec la projection de trois films au Comoedia, suivie d'un cocktail. « Un événement pour montrer que les arts modestes ne manquent pas d'ambition », rigole Hervé Di Rosa. L'Histoire l'a montré !