Jean-François Soro, galeriste et artiste, est à découvrir cet été à Alès. Samedi 6 juin, le vernissage de l'exposition Diaphane(s) à la galerie Madadayo, rue des Mourgues, inaugurera la publication d'une monographie que l'artiste dédicacera chez Alès librairie à partir de 11 heures.
Une exposition qui laisse libre le regardeur
"Je vous laisse avec ma peinture." Alors que Jean-François Soro quitte l'espace de sa galerie Madadayo, le spectateur saisit l'instant opportun pour vivre, partager ou apprécier l'exposition estivale de l'artiste peintre. Une solitude opportune à l'image des conditions des élans créatifs du propriétaire de cette structure fondée en 2022. L'exposition, baptisée Diaphane(s), forme une proposition qui "laisse libre le regardeur" face aux mondes intimes d'un artiste qui se considère passeur ou "entremetteur".
Via un accrochage tout en sensibilité, les pièces sur toiles ou papier marouflé offrent une navigation picturale en terre instinctive, sensorielle, proche de l'abstraction mais sans s'y résoudre réellement.
Une trentaine de toiles comme autant de fenêtres sur le monde “soroien”
D'une palette chromatique alternant l'azuréen réconfortant ou la violine vivifiante, c'est depuis son refuge cévenol à Colognac ou bien depuis son atelier de la rue des Mourgues qu'émergent des marines, des serres et valats cévenols embrumés ou encore une prairie constellée de rouge coquelicot. « Chacun de ces tableaux est une émotion », confie Jean-François Soro alors que les cimaises supportent une trentaine de toiles comme autant de fenêtres sur le monde “soroien”.
Lecteur de René Char, Jean Baudrillard ou Jon Fosse, amateur de la peinture introspective de l'Américain Mark Rothko, le peintre façonne ce chemin du silence liant la toile et l'émotion, dans un geste commis par une presque absence au monde. Une peinture à l'aspect éthérée, diaphane donc, dont une récente monographie accompagnée de textes de Muriel Menuet, baptisée “Rêveries”, donne l'occasion de laisser une trace. Ce thème cher à Char (1907-1988) qui assurait qu'"un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves". Celles de Jean-François Soro sont de peinture et, comme l'argonaute Lyncée, permettent de voir au travers des brumes du réel.
Informations pratiques
Diaphane(s), exposition de Jean-François Soro, de juin à août, les jeudis, vendredis et samedis, au 12 rue des Mourgues à Alès. Vernissage samedi 6 juin à 19 h. Signature de la monographie Rêveries (2023-2026) chez Alès librairie à partir de 11 heures.



