«Ma house n'a pas de murs»: la tribune du chorégraphe Vinii Revlon
«Ma house n'a pas de murs»: la tribune de Vinii Revlon

Dans une tribune publiée par Libération, le chorégraphe Vinii Revlon livre un plaidoyer pour la culture house, qu'il présente comme un espace d'expression et de liberté, loin des assignations identitaires. «Ma house n'a pas de murs», écrit-il, résumant une philosophie où la danse et la musique deviennent des outils de résistance et de partage.

Une culture née des marges

Vinii Revlon rappelle que la house est née dans les communautés noires et LGBTQ+ de Chicago et de New York, dans les années 1980. Elle a permis à des personnes marginalisées de créer un espace où elles pouvaient exister pleinement, sans craindre le regard des autres. Ce mouvement, porté par des figures comme Frankie Knuckles et Larry Levan, a transcendé les frontières pour devenir un phénomène mondial.

Le chorégraphe insiste sur le fait que la house n'est pas seulement un genre musical, mais une véritable culture, avec ses codes, ses valeurs et sa façon d'être au monde. Elle incarne une éthique de l'accueil et de la bienveillance, où chacun peut trouver sa place, quels que soient son origine, son genre ou son orientation sexuelle.

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Une réponse aux violences et aux assignations

Dans sa tribune, Vinii Revlon dénonce les violences subies par les personnes qui ne correspondent pas aux normes dominantes, qu'elles soient raciales, de genre ou de classe. Il voit dans la house une manière de résister à ces pressions, en offrant un refuge où l'on peut se réinventer. «La house m'a sauvé la vie», confie-t-il, évoquant son parcours personnel marqué par l'homophobie et le racisme.

Il appelle à ne pas réduire la culture house à un simple divertissement, mais à reconnaître sa dimension politique et émancipatrice. Elle permet de déconstruire les stéréotypes et de créer des solidarités nouvelles, au-delà des frontières géographiques et culturelles.

Une invitation à la transmission

Vinii Revlon conclut en invitant les artistes et les institutions à soutenir la culture house, notamment en finançant des projets de transmission et de documentation. Il souligne l'importance de préserver la mémoire de cette culture, afin que les générations futures puissent s'en inspirer. «Nous devons raconter nos histoires, pour que la house continue à ouvrir des portes», écrit-il.

Cette tribune s'inscrit dans un contexte de reconnaissance croissante des cultures urbaines et de leurs apports à la création contemporaine. Elle appelle à une plus grande diversité dans les lieux de pouvoir et de décision culturels, afin que ces expressions ne soient plus marginalisées.

Le chorégraphe, qui a fait de la voguing et du waacking ses disciplines de prédilection, poursuit son travail de transmission à travers des ateliers et des performances. Son message résonne comme un appel à l'ouverture et à la tolérance, rappelant que la culture est un bien commun, sans murs ni frontières.

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