La nouvelle adaptation des Misérables de Victor Hugo, signée Fred Cavayé, sort en salles avec un casting prestigieux : Vincent Lindon (Jean Valjean), Tahar Rahim (Javert), Camille Cottin et Benjamin Lavernhe (les Thénardier), Noémie Merlant (Fantine). Malgré cette distribution cinq étoiles, le film reçoit la note de 2/5 dans notre critique, peinant à marier l'épique et l'intime sur une durée de 2 h 56.
Un casting de prestige au service d'une fresque inégale
Libéré après 19 ans de bagne pour le vol d'un pain, Jean Valjean (Vincent Lindon) décide de changer de vie et de faire le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Venant en aide à Fantine (Noémie Merlant), une ouvrière mourante, il promet de sauver sa fille Cosette des griffes des cruels Thénardier (Camille Cottin et Benjamin Lavernhe). Mais son passé le rattrape : l'inspecteur Javert, un policier implacable, se lance à sa poursuite.
Le film s'attache à traiter l'ensemble du roman et à retracer les parcours chaotiques de personnages prisonniers de leur condition et d'un monde qui s'écroule. Cependant, le casting, composé uniquement de têtes d'affiche, crée un paradoxe, d'autant plus gênant que ces dernières ne sont pas à leur meilleur.
Des performances contrastées et une mise en scène académique
Tahar Rahim assure le strict minimum dans la peau de l'inspecteur Javert, qui n'a de cesse de traquer Valjean. Camille Cottin force les traits dans le rôle de l'épouse Thénardier, mais s'en sort nettement mieux que Benjamin Lavernhe qui campe sa moitié. D'ordinaire si inspiré, le sociétaire de la Comédie-Française cabotine et livre l'une de ses plus mauvaises prestations.
Derrière la caméra, Fred Cavayé hésite, pendant trois heures, entre l'épique et l'intime sans parvenir à marier les deux au sein d'une mise en scène académique. Le réalisateur français ne parvient pas à donner une cohérence stylistique à cette fresque humaniste, pourtant portée par des enjeux sociaux forts.
Un paradoxe entre le message et le casting
Au printemps 2020, alors que le pays était plongé en pleine crise sanitaire, Vincent Lindon apparaissait dans une vidéo pour proposer une taxe « Jean Valjean », consistant à faire contribuer les plus grandes fortunes pour venir en aide aux démunis. Quoi de plus logique donc que de le voir aujourd'hui endosser le costume de l'ancien bagnard devenu héros des Misérables de Victor Hugo ? Mais si les inégalités sont au cœur de cette fresque humaniste, le casting, fait uniquement de têtes d'affiche, crée un paradoxe.
Le film, produit par Curiosa Films, Eskwad, Studiocanal et TF1 Films production, sort en salles avec l'ambition de rendre hommage au chef-d'œuvre de Victor Hugo. Malgré ses défauts, il offre une relecture fidèle du roman, tout en laissant transparaître les limites d'une mise en scène qui n'ose pas trancher entre deux approches.