Kyma, l'onde mystérieuse : un film fantastique à la Spielberg
Kyma, l'onde mystérieuse : un film à la Spielberg

Sorti en salle ce mercredi 5 août, Kyma, l'onde mystérieuse de Romain Daudet-Jahan s'inscrit clairement dans la lignée des productions Amblin des années 1980, avec un héros adolescent et une créature fantastique originale. Ce premier long-métrage français, produit pour environ un million d'euros, parvient à séduire par son inventivité et sa sensibilité, malgré quelques maladresses.

Un hommage assumé à Spielberg et aux années 80

L'influence de Steven Spielberg et de ses productions Amblin sur le cinéma populaire est immense, et elle dépasse largement les frontières américaines. On la retrouve dans des films comme Père Noël Origines du Finlandais Jalmari Helander, Attack the Block du Britannique Joe Cornish, ou encore CJ7 du Chinois Stephen Chow. La France n'est pas en reste, et après La dernière vie de Simon de Léo Karmann, Kyma, l'onde mystérieuse en est un nouvel héritier assumé.

Le film met en scène Tony (Jules Lefebvre), un adolescent passionné par les animaux, qu'il recueille et soigne dans sa petite ville de Franche-Comté. Issu d'une famille de scientifiques – son père est chercheur et sa mère zoologiste en mission prolongée – Tony mène une vie solitaire, mais il peut compter sur deux amis : Zoé (Lucy Loste Berset), une jeune malentendante rêvant de devenir journaliste d'investigation, et Ousmane (Mamadou Haïdara), placé en accueil dans une ferme voisine.

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Une créature invisible et spectaculaire

L'intrigue démarre lorsque Tony découvre, dans un bâtiment agricole abandonné, une créature en détresse qui n'a rien à voir avec ses habituels patients à quatre pattes : il s'agit d'une onde sonore vivante, capable d'agir sur la matière et de la briser. Avec patience et empathie, Tony parvient à l'approcher, à entrer en relation avec elle et à la nommer Kyma. Mais la créature est poursuivie par des individus aux intentions peu amicales.

Ce postulat original est le point fort du film. La créature invisible est rendue tangible grâce à un travail remarquable sur le son et les vibrations, mais aussi par une cohérence dans tout ce que son existence implique : détecteurs d'ondes, pistolets à silence, chambres insonorisées, protections phoniques, malle capitonnée. Le réalisateur Romain Daudet-Jahan, qui cosigne le scénario avec Emilie Dubois (productrice associée de Chien de la casse), fait le choix de laisser une grande place à l'imagination du spectateur, ce qui est un vrai geste artistique à une époque où les effets spéciaux permettent de tout montrer.

Des acteurs attachants mais des dialogues inégaux

Les trois acteurs principaux sont épatants et immédiatement attachants, mais leurs personnages restent archétypaux et les dialogues manquent parfois de subtilité. La dernière partie, tournée vers l'action, souffre d'une mise en scène trop molle pour être aussi haletante qu'elle le mériterait. Ces défauts sont toutefois compensés par le charme du film, qui, malgré un budget modeste, parvient à avoir les moyens de ses ambitions.

En somme, Kyma, l'onde mystérieuse est un film fantastique sympathique et inventif, qui ravira les jeunes spectateurs et les amoureux des productions Amblin. On peut se demander ce que Steven Spielberg en penserait, mais il est probable qu'il saluerait cette tentative française de renouer avec l'esprit de ses classiques.

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