Une tribune signée par des professionnels de santé, publiée dans Libération le 5 août 2026, appelle à la création d'une mutuelle complémentaire gérée par la Sécurité sociale. Cette proposition vise à remédier aux inégalités d'accès aux soins et à simplifier le système de santé français.
Une proposition pour une couverture universelle
Les signataires, parmi lesquels des médecins, des économistes et des syndicalistes, estiment que le système actuel de complémentaires santé privées est coûteux et inégalitaire. Selon eux, la création d'une mutuelle publique permettrait de garantir à tous les citoyens une couverture complémentaire de base, sans surcoût pour les plus modestes.
Cette mutuelle serait financée par une cotisation proportionnelle aux revenus, prélevée à la source, et gérée par la Sécurité sociale. Elle remplacerait les contrats individuels et collectifs existants, simplifiant ainsi les démarches pour les assurés et les employeurs.
Des bénéfices attendus pour les assurés et l'économie
Les auteurs de la tribune avancent que cette réforme permettrait de réduire les dépenses de santé des ménages, qui représentent en moyenne 10 % de leur budget, et de diminuer les frais de gestion, estimés à 20 % des cotisations dans le privé. Ils soulignent également que la mutualisation des risques permettrait de baisser les prix des soins grâce à une négociation centralisée avec les professionnels et les laboratoires.
Selon les signataires, cette mesure aurait un impact positif sur la santé publique, en améliorant le recours aux soins préventifs et en réduisant les renoncements pour raisons financières, qui touchent encore 12 % des Français.
Des critiques et des obstacles à surmonter
Cette proposition suscite des critiques, notamment de la part des assureurs privés, qui y voient une concurrence déloyale et une menace pour leur secteur. Certains économistes s'interrogent sur le coût de la transition et sur la faisabilité technique d'une telle réforme.
Malgré ces réserves, les signataires appellent à un débat public et à une expérimentation dans certaines régions. Ils estiment que la crise sanitaire a montré la nécessité de renforcer le rôle de la Sécurité sociale et de garantir l'égal accès aux soins pour tous.



