L'actrice taïwanaise Shu Qi, âgée de 50 ans, passe derrière la caméra avec « Girl », une comédie dramatique qui retrace son émancipation d'une enfance marquée par la violence et la pauvreté. Le film, qui sort en salle le 5 août, a été salué par la critique pour sa mise en scène épurée et sa sensibilité, obtenant quatre étoiles sur cinq.
Un premier film très personnel
Shu Qi, connue pour ses rôles dans les films de Hou Hsiao-hsien et sa popularité en Asie, n'a jamais caché son enfance difficile. Dans « Girl », elle revient sur sa pré-adolescence, alors qu'elle vivait dans un quartier modeste de Taipei. Son père, mécontent de son travail dans un petit garage, noyait son amertume dans l'alcool et était violent envers sa femme, coiffeuse, qui subissait sans se révolter, écrasée par le poids de la tradition.
Une mise en scène chorégraphique
Le film dépeint cette dynamique familiale dysfonctionnelle avec une violence lancinante, mais Shu Qi la met en scène de manière presque musicale, sans édulcorer la souffrance. La petite Hsiao-lee, double enfantin de la réalisatrice, s'échappe de cet enfer en se cachant dans un placard, où elle développe un monde intérieur résilient. Plutôt qu'un parcours sportif classique, « Girl » est une rêverie curative, où l'imaginaire de l'héroïne infuse le réel et trace une voie vers l'émancipation.
Une sophistication visuelle
Shu Qi habille le quotidien trivial de Hsiao-lee de projections mentales : sa poupée prend les traits d'une amie imaginaire, sorte de guide spirituel. Cette approche donne au film une sophistication certaine, montrant à la fois ce que l'actrice a vécu et ce qu'elle s'est efforcée de vivre. Le spectre de Hou Hsiao-hsien plane sur cette œuvre épurée mais chatoyante, qui rend compte d'une dynamique à la fois absurde et touchante.
Avec « Girl », Shu Qi confirme son talent de conteuse, offrant un récit intime et universel sur la résilience et la construction de soi. Le film est à découvrir en salles dès le 5 août.



