Cyrano rencontre Molière : la comédie de Michel Leclerc
Cyrano rencontre Molière : la comédie de Michel Leclerc

Michel Leclerc, réalisateur des Gazelles et de J'ai tué ma mère, s'attaque à un duo de choc : Cyrano de Bergerac et Molière. Dans son nouveau film, Les Caprices de l'enfant roi, il imagine une rencontre fictive entre les deux géants de la littérature française, sur fond de satire du pouvoir absolu.

Le film, présenté en avant-première au Festival du film de Cabourg, se déroule en 1658. Cyrano (interprété par Thomas Scimeca) est un poète libre et provocateur, tandis que Molière (joué par Vincent Macaigne) est un dramaturge en quête de reconnaissance. Leur affrontement verbal, ponctué de quiproquos et de répliques cinglantes, sert de prétexte à une réflexion sur la censure et le mécénat royal.

Un duel d'esprit et de mots

Le scénario, coécrit par Leclerc et la romancière Marie Modiano, s'inspire de faits historiques : Cyrano a réellement critiqué Molière dans ses écrits, et Molière a effectivement bénéficié de la protection de Louis XIV. Le film exploite cette rivalité potentielle avec une liberté assumée, mêlant anachronismes et clins d'œil contemporains.

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Selon Leclerc, interrogé par Le Monde, « l'idée était de montrer comment deux artistes peuvent s'affronter tout en se respectant, dans un contexte où le pouvoir royal dicte les règles du jeu. » Le réalisateur ajoute : « Cyrano incarne la rébellion, Molière la diplomatie. Leur duel est aussi celui de deux visions de l'art. »

Une satire du pouvoir absolu

Le film ne se contente pas d'être une comédie historique. Il dresse un parallèle avec notre époque, où la liberté d'expression est parfois menacée. Les dialogues, ciselés, rappellent que le rire peut être une arme politique. « Sous Louis XIV, comme aujourd'hui, les artistes doivent composer avec le pouvoir », souligne Leclerc.

Le tournage, qui a eu lieu en région parisienne et à Versailles, a mobilisé une centaine de techniciens et près de 500 figurants. Le budget, estimé à 8 millions d'euros, a été en partie financé par des fonds régionaux et le CNC.

Une distribution éclatante

Outre Scimeca et Macaigne, le film réunit des acteurs comme Camille Cottin (en marquise intrigante) et Denis Podalydès (en Louis XIV). Les costumes, signés par la costumière de Portrait de la jeune fille en feu, restituent avec soin l'esthétique du Grand Siècle.

Les premiers retours sont positifs. La critique salue notamment l'énergie des comédiens et l'intelligence du scénario. Le film sortira en salles le 2 septembre 2026. D'ici là, il sera projeté en avant-première dans plusieurs festivals d'été.

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