Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a lancé un appel urgent au gouvernement pour chiffrer et dater le plan d'aide aux agriculteurs touchés par la sécheresse, lors de sa visite dans l'Aveyron cette semaine. Devant une cinquantaine d'agriculteurs réunis à Vezins-de-Lévézou, il a insisté sur la nécessité de décisions rapides pour permettre aux éleveurs de faire face à la pénurie de fourrage.
Un plan d'aide ni daté ni chiffré
Arnaud Rousseau a rappelé que le plan annoncé par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, reste flou. « Mon rôle est d'attirer tout de suite l'attention des pouvoirs publics pour que dès les prochaines semaines, des décisions soient prises, alerte-t-il. Le plan d'aide annoncé n'est ni daté, ni chiffré... On se réjouit de cette annonce, mais on aimerait savoir combien, et quand. Un chef d'entreprise doit prendre des décisions, est-ce que j'achète du fourrage ? Est-ce que je garde mes vaches ? On doit donc lui dire quel est le montant de ce soutien et quand il doit se mettre en place. »
Chiffrer la réalité du manque
Le président de la FNSEA a souligné l'urgence d'évaluer les pertes : « Il faut chiffrer ce qu'est la réalité du manque, ensuite, est-ce qu'il y a des alternatives à proximité ? Combien ça coûte ?... Il faut aller vite parce que la décision que doit prendre l'éleveur sera rapide et il faut éclairer la décision. »
Les agriculteurs Aveyronnais comparent la situation à celle de 2003, avec un niveau de sécheresse similaire. Vincent Rousseau, un éleveur local, a rappelé que lors des sécheresses de 1976 et 2003, « les militaires avaient aidé pour transporter la ressource ». Il ajoute : « Aujourd'hui, on est dans un événement d'une ampleur inédite, à ce jour, on est à peu près au niveau de 2003 dans l'Aveyron. Il faut étalonner les pertes, éclairer les producteurs, il faut donner de la visibilité. »
Le modèle agricole en question
Interrogé sur un éventuel changement de modèle face aux aléas climatiques, Arnaud Rousseau a rappelé que les agriculteurs s'adaptent déjà : « Les agriculteurs, ça fait longtemps qu'ils repensent le modèle... Ils adaptent leurs exploitations, ils investissent dans un nouveau bâtiment avec de la ventilation, ils essaient de diversifier leurs sources de protéines... On n'a pas attendu cette crise pour bouger. Il y a un degré d'urgence qui fait qu'on peut repenser le modèle dans dix ans, mais que fait-on l'année qui vient ? »
La question de l'eau et des mégabassines reste clivante. Arnaud Rousseau a défendu ces ouvrages : « La question de fond, c'est celle de notre souveraineté... On a besoin, très rapidement, que les projets sortent d'ici la présidentielle, que les premiers coups de pelle soient donnés. On sait par exemple, et ça a une nouvelle fois été dit ici, que certains territoires de l'Aveyron ont été touchés par des glissements de terrain importants. On ne peut pas discuter de glissements de terrain en janvier et sécheresse en juillet, sans jamais prendre la mesure de l'intérêt de stocker de l'eau. »
Les associations environnementales, comme Greenpeace, critiquent ces installations : « En stockant une eau qui se serait infiltrée dans les sols ou aurait ruisselé dans les cours d’eau, elles privent les écosystèmes environnants d’une ressource vitale, qui permet notamment aux zones humides et aux sols de se reconstituer pendant la période hivernale. Les mégabassines contribuent à une fuite en avant pour maintenir coûte que coûte un modèle agro-industriel dévastateur. Ce modèle est non seulement inadapté face au changement climatique mais il en est aussi en partie responsable. »
Face à ces tensions, le gouvernement doit répondre rapidement aux demandes de la FNSEA pour éviter une crise majeure dans les exploitations, alors que la sécheresse s'étend et que les ressources en eau se raréfient.



