En 2026, assurer la promotion d'un blockbuster de l'envergure de « l'Odyssée » revient à traverser un terrain miné. Parce que l'industrie du cinéma, crise oblige, mise désormais sur une poignée de films (en premier lieu celui-ci, pensé et vendu comme la Rolls du studio Universal), l'exigence d'un retour sur investissement s'avère d'autant plus cruciale.
Chaque détail compte et la polémique (idiote) nourrie préalablement sur les réseaux sociaux par la fachosphère sur la vision supposée woke de Christopher Nolan sur la seule base de la bande-annonce de son film a excessivement échauffé les esprits, au point d'interdire toute rencontre avec le cinéaste dans l'hypothèse où on le questionnerait sur cette sinistre affaire et, plus largement, sur la politique.
Un entretien sous haute tension
On a relevé le défi et on ne l'a pas regretté : en dépit des quelques réserves que « l'Odyssée » nous inspire (une tendance à la grandiloquence plus problématique à nos yeux que de choisir la Mexicano-Kényo-Américaine Lupita Nyong'o – cinq minutes max à l'écran – pour incarner Hélène de Troie), le film reste une œuvre majeure. Nolan s'exprime sur son processus créatif et la manière dont il perçoit l'évolution de l'industrie.
« L'Odyssée est une manière de se reconnecter aux racines de l'industrie du cinéma », déclare le cinéaste. Selon lui, le poème d'Homère offre une structure narrative universelle qui permet de renouer avec l'essence du récit cinématographique. Il insiste sur l'importance de la narration visuelle et de l'expérience collective au cinéma, face à la fragmentation des écrans.
Une vision pharaonique pour un film événement
Produit par Universal, « L'Odyssée » est présenté comme le film le plus attendu de l'année. Avec un budget colossal et un casting international, Nolan entend démontrer que le cinéma en salles peut encore rivaliser avec les plateformes de streaming. « Nous devons offrir au public une expérience qu'il ne peut pas avoir chez lui », affirme-t-il.
Le réalisateur d'« Oppenheimer » et « Inception » aborde également l'avenir de Hollywood avec sérénité. Malgré les crises et les polémiques, il croit en la résilience de l'industrie. « Les histoires puissantes trouveront toujours leur public », conclut-il.



